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Test Oppo Watch: une belle montre sous (Android) Wear OS, mais qui manque d'autonomie

Les tests de Mathieu: une montre sous Android, ça donne quoi en 2020 ?
 
Les tests de Mathieu, oppo
 

A 349€ (version 46 mm) ou 249€ (version 41 mm un peu moins endurante), la première montre connectée d'Oppo disponible en Europe utilise Wear OS pour se faire une place face à une concurrence bien installée signée Huawei, Samsung, Apple ou Fitbit. Le pari est osé, mais est-il réussi ? Voici mon test.

Les montres connectées sont un marché assez ambigu. Certains – je n'en faisais pas partie – lui prédisaient un avenir incroyable il y a une dizaine d'années, donnant des idées à la plupart des constructeurs.

Mais notre dépendance grandissante aux smartphones, que l'on ne peut plus s'empêcher d'utiliser tout au long de la journée pour 36 raisons, a calmé les ardeurs. Restent quelques acteurs incontournables qui soit parviennent à gagner de l'argent (les Apple Watch sont en tête des ventes), soit ont les finances suffisantes pour en perdre durant quelques années (plus ou moins tous les autres fabricants, en réalité).

Malgré la difficulté de générer des profits, le fabricant chinois Oppo, qui a débarqué en Belgique cette année avec quelques bons smartphones (voir mon test du Reno4 Pro), a décidé de se lancer dans l'aventure avec une montre sobrement baptisée Oppo Watch (349€ pour la version 46 mm que j'ai essayée).

Coucou, (Android) Wear OS

Si pour les smartphones, c'est Android qui fait tourner toutes les marques (sauf chez Apple, bien sûr), au niveau des smartwatches, on a droit à un peu plus de diversité. Effectivement, Huawei et Samsung, qui font partie des plus expérimentés dans ce domaine, utilisent chacun leur propre petit système d'exploitation.

Mais tout le monde n'a pas les moyens de développer un logiciel maison. Oppo utilise donc Wear OS (baptisé auparavant Android Wear), le système d'exploitation de Google pour les objets "qu'on porte" (wear en anglais). Il y a 3 ans avec la Watch 2 de Huawei (qui n'utilisait pas encore son propre OS à l'époque), je vous avais fait part de toutes mes réticences par rapport à ce logiciel trop lourd, trop encombrant, et qui face à la concurrence, affichait une autonomie ridicule.

Hé bien, mes conclusions n'ont pas vraiment changé en 2020.


 

Un superbe objet

Commençons par le positif: Oppo prouve avec sa Watch qu'il maîtrise parfaitement la fabrication de matériel de qualité. De l'emballage à l'écran Amoled de 1,91 pouces dit "flexible" (une belle manière d'évoquer les élégantes courbures de l'écran sur les côtés, comme certains smartphones), cette montre est un bel objet.

La version de mon test était la 46 mm (il existe une 41 mm à 249€). Il s'agit de la longueur de l'écran. Comptez 50 mm pour la diagonale, 13 mm pour l'épaisseur et 39 mm pour la largeur: c'est assez encombrant et si votre poignet n'est pas très large, ça pourrait être un peu disproportionné.

Au niveau du bracelet, j'ai des doutes sur les choix de Oppo. Il n'y a pas de boucle: il faut clipser la partie trouée sur celle contenant l'ergot. L'opération est délicate pour trouver le juste serrage, et si vous n'y allez pas doucement avec le petit caoutchouc de maintien, vous devrez tout recommencer. Il y a nettement plus simple comme option chez les concurrents…


 

Et l'interface ?

On l'a vu, la Watch d'Oppo utilise Wear OS, le système d'exploitation de Google pour les objets connectés. On se demande quelle est la stratégie du géant américain à ce sujet, car il finalise le rachat de Fitbit, pionnier du bracelet d'activité et qui a mis au point Fitbit OS pour ses montres intelligentes (voir mon test récent de l'excellente Sense).

Wear OS essaie d'être une mini version d'Android pour smartwatch: on peut télécharger, directement sur la montre, des applications à partir d'une version édulcorée du Google Play Store. Sur le papier, l'idée est belle: permettre à tous les développeurs de faire une version de leur application Android compatible avec le petit écran et les difficultés de navigation d'une montre. Les résultats sont plus ou moins satisfaisants, plus ou moins utiles, plus ou moins "gadget". Exemple: Google Maps, relativement impossible à utiliser comme outil de navigation au poignet ; ou SMS, plus utilise car il est facile de lire ces messages qui sont souvent courts.

Autre avantage de Wear OS: une compatibilité totale avec le smartphone (si c'est un Android). Cela permet notamment un affichage rapide des notifications, qui seront plus riches car interactives (si votre notification sur le smartphone inclus des actions, elles s'afficheront également sur la montre). La notification Spotify permet également de contrôler la musique en permanence. Bref, c'est plus complet et plus riche que la concurrence au niveau des liens avec le smartphone.

Tout en étant très performant: l'interface est réactive, les applications se lancent rapidement. C'est grâce à la puce Snapdragon Wear 3100, son 1 GB de RAM et ses 8 GB de stockage interne.

Pour l'anecdote, sachez que l'Oppo Watch, sur l'écran de gauche, fait appel à Google Assistant. Mais dans une version tellement édulcorée (c'est assez complexe de comprendre les différences de fonctionnalités de l'assistant de Google, selon les appareils utilisés), que je n'ai même pas pu contrôler mes appareils connectés dans la maison. On peut tout juste lui demander la météo, ajouter un rappel ou un rendez-vous, traduire des mots ou des phrases. C'est assez léger, je trouve.


 

Gros point noir: l'autonomie

Hélas, en étant si riche dans ses propositions, Wear OS semble nécessiter beaucoup d'énergie pour fonctionner, même en veille ; et la sentence est immédiate: une autonomie de moins de deux jours (Oppo évoque 36h pour la 46 mm et 24h pour la 41 mm). Donc pour ne pas tomber en rade au milieu de la deuxième journée, j'ai eu tendance à la charger tous les soirs (ce qui rend l'analyse sommeil difficile). Heureusement, la charge est rapide: si vous êtes organisé et que vous la mettez charger avant de souper, en 1h elle aura retrouvé 100% d'autonomie.

Il n'empêche, cette faible autonomie, pourtant cruciale pour ce genre d'objet, coûte cher à Oppo. Car la concurrence (avec des OS plus simples et un peu moins riches, on l'a dit) ne cesse de l'améliorer au fil des versions: les GT2 de Huawei (entre 10 et 14 jours), les Galaxy Watch de Samsung (5 jours) ou les montres Fitbit (environ 1 semaine) sont nettement plus optimisées. Oppo, lui, fait même un peu moins bien que l'Apple Watch (2 jours).

Un nouvel écosystème (de Singapour)

Le problème est d'autant plus important que les petits avantages de Wear OS évoqués plus haut sont l'arbre qui cache la forêt: l'Oppo Watch, au niveau du suivi des activités sportives (GPS, capteur cardiaque) et de l'analyse du sommeil, si elle est très performante (précision, réactivité), ne fait pas mieux que la concurrence. Elle a même tendance à se compliquer la vie car elle tente d'imposer HeyTap Health, l'application de santé de l'écosystème logiciel mobile (navigateur, magasin d'applications, etc) d'origine singapourienne qui semble être un partenaire privilégié d'Oppo.   

Effectivement, HeyTap Health (Android only, attention) est nécessaire pour synchroniser et suivre les données "activité et santé" avec votre smartphone, car celles-ci sont récoltées par défaut par les applications HeyTap Health présentes sur la montre (ces applications sont en haut de la liste et le bouton 'sport' sur le côté y renvoie) :

Cependant vous avez le choix, par exemple, d'utiliser la panoplie de Google (via l'application Fit), dont les applis sont également préinstallées sur la montre, et qui sont forcément bien intégrées dans l'univers Wear OS et Android. Il est également possible de télécharger Strava ou l'appli sportive d'Adidas.

C'est plutôt honnête de la part d'Oppo d'autoriser l'usage d'autres applications de suivi de la santé et du sport, mais ça affaiblit un peu la facilité d'usage et de compréhension du logiciel de la montre, ça le rend encore plus lourd à mes yeux.

Conclusions

Une montre sous Wear OS, c'est un choix assez discutable de la part d'Oppo (mais vu qu'il n'a pas son propre OS mobile comme Samsung, Huawei ou Fitbit, avait-il vraiment ce choix ?).

Effectivement, même si le petit système d'exploitation d'Android est plus complet et plus riche que la concurrence, il sollicite tant la batterie qu'elle ne tient que 36 heures. Il faudra donc charger votre montre tous les jours, comme moi, pour plus de souplesse et pour partir faire un jogging sans craindre la panne sèche.

Passé cet écueil (qui est important à mes yeux, je le souligne), l'Oppo Watch est un très bel objet, une montre connectée à la fois élégante et performante, et qui avec Wear OS s'avère être l'interface "portable" la plus riche disponible sur le marché (en dehors de l'Apple Watch).

Mais richesse ne rime pas toujours avec simplicité et efficacité, surtout quand on parle d'un appareil accroché au poignet. Effectivement, dans l'écrasante majorité des cas, une smartwatch servira à afficher l'heure de manière moderne (avec informations sur votre activité physique du jour, etc) et les notifications du smartphone ; et à servir de compagnon de suivi sportif (tracé GPS, rythme cardiaque, etc). Le reste des applications est là pour décorer: ce que j'ai pu essayer s'avère vraiment anecdotique et vous gagnerez du temps en sortant votre smartphone pour répondre à un message, contrôler la musique ou lire la météo…

Donc, à 349€ (version 46mm avec la meilleure autonomie), l'Oppo Watch s'avère finalement assez chère, pour des fonctionnalités supplémentaires qui ne sont pas indispensables. Elle a heureusement un look très réussi, même dans sa version 41 mm (249€). 

A mes yeux, cependant, les smartwatches de Samsung, Huawei (dont la récente Watch Fit) et Fitbit sont des options souvent moins chères, mais avec une meilleure autonomie et les mêmes fonctionnalités principales.


 

 

 




 

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