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Le CHU Saint-Pierre à Bruxelles proche de la saturation: "Tous les matins, on essaie de faire de la place dans nos salles Covid"

 
CORONAVIRUS
 

Charlotte Martin, infectiologue et chef de clinique au CHU Saint-Pierre à Bruxelles, était l’invitée de Fabrice Grosfilley sur Bel RTL ce vendredi matin. Cette spécialiste décrit la situation actuelle dans l’hôpital bruxellois qui accueille de plus en plus de patients Covid, au point de frôler la saturation.

Il y a deux zones sensibles dans l’hospitalisation des patients atteints de Covid-19, c’est Liège où on a déjà commencé à reporter certaines opérations et puis c’est la région bruxelloise où l’on dépasse le chiffre de 1.000 patients hospitalisés. Dans votre hôpital à Saint-Pierre, proche du centre-ville, quelle est la situation ce matin ?

"On n’a plus de places, comme un petit peu tous les matins. On a plusieurs entrants toutes les nuits. Tous les matins, on essaie de faire de la place dans nos salles Covid. Parfois en faisant sortir un patient qu’on aurait peut-être aimé gardé 24h de plus mai son n’a pas ce confort-là. Don con est déjà en train de faire de la médecine un peu suboptimale malheureusement avec nos patients."

Ce n’est donc pas la saturation mais on est à flux tendu, je pourrais traduire comme ça ? 

"Exactement." 

Il y a combien de patients Covid à Saint-Pierre ?

"Une trentaine de patients qui ne sont pas aux soins intensifs mais qui sont hospitalisés et entre 6 et 8 patients aux soins intensifs." 

Cela veut dire que le plafond de 25% de malades Covid a été atteint chez vous ?

"On l’a atteint depuis plusieurs jours maintenant." 

Donc, si cela continue comme ça, la maladie est quand même en train de progresser même si elle progresse beaucoup moins vite qu’au mois de mars, on va devoir en région bruxelloise transférer des patients et renoncer à certains soins ?

"On a déjà commencé à transférer des patients avec une certaine difficulté puisqu’il n’y a actuellement pas vraiment de coordination fédérale pour nous aider à dispatcher les patients. On a une coordination pour les soins intensifs mais pas pour les salles d’hospitalisation classiques. Donc on contacte nous-mêmes les collègues et on voit où il y a de place et on dispatche comme ça ce qui n’est vraiment pas optimale pour la prise en charge de nos patients." 

Vous craignez donc dans les semaines qui viennent de devoir reporter des soins comme des chimiothérapies, le suivi des diabétiques, des opérations de prothèse de la hanche ? 

"Je pense que de toute façon on va devoir augmenter notre capacité d’accueillir des patients Covid et pour cela il va falloir ouvrir de nouvelles salles Covid et pour cela on aura besoin de personnel et on devra donc en effet déprogrammer des soins chroniques à nos patients chroniques comme il a fallu le faire au mois de mars. C’est quelque chose qu’on aurait pu anticiper et éviter. On est donc très déçus et très fâchés de revivre cette situation".

La clinique St-Jean à Bruxelles ne reçoit plus de patients Covid-19 depuis deux jours

La clinique bruxelloise St-Jean ne reçoit plus de patients Covid-19 depuis deux jours déjà. Elle a atteint sa capacité maximale pour les patients atteints du coronavirus dans sa phase actuelle. Les quatre lits Covid-19 aux soins intensifs sont tous occupés. A l'UZ Brussel, les admissions pour Covid-19 continuent d'augmenter.

"Ces deux derniers jours, nous avons cessé d'accepter les patients Covid-19 dans notre clinique car nos quatre lits dédiés en unité de soins intensifs sont tous occupés. Lorsque cela est nécessaire, nous transférons les patients vers d'autres hôpitaux de notre réseau ou au-delà", a déclaré, vendredi, Florence Feys, porte-parole de Clinique Sain-Jean.

Trente autres patients Covid-19 sont pris en charge par l'unité de soins infirmiers régulière de la clinique bruxelloise.

A l'UZ Brussel, quatre nouveaux patients ont été accueillis ces 24 dernières heures mais huit patients Covid-19 ont par ailleurs été autorisés à quitter l'hôpital. Huit autres patients sont pris en charge par l'unité de soins intensifs, dont six reçoivent une respiration artificielle invasive et deux patients reçoivent un soutien pour les fonctions cardiaques et pulmonaires.

 




 

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