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Toutes les 8 minutes, un Belge apprend qu'il est atteint d'un cancer: comment annoncer la maladie?

Toutes les huit minutes, en Belgique, une personne apprend qu'elle est atteinte d’un cancer. Comment dès lors annoncer la maladie? La question simple mais très importante a été posée dans le RTLinfo13H à Véronique Simons, une psycho-oncologue de l'Institut Jules Bordet. Elle a également tenté d'apporter une réponse aux différentes interrogations qui reviennent souvent dans ce genre de situation. 


Le métier de psycho-oncologue est en plein développement. Expliquez-nous quel est votre rôle?

"C’est un métier que peu de personnes connaissent. Nous sommes des psychologues spécialisés dans tout ce qui est cancer et oncologie. Notre but est de soutenir d’une part les patients et d’autre part les proches de ces patients qui souffrent tout autant, car cela provoque une anxiété fort importante."


Vous travaillez en particulier avec les familles.
 Annoncer que l'on souffre d'un cancer ses enfants, c'est évidemment très douloureux. Est-ce que vous préconisez le fait qu'il faut tout dire à ses enfants?


"Cela dépend de chacun, mais on préfère une communication qui est ouverte et transparente. Il faut donner l’occasion aux enfants de poser leurs questions. Une manière de soutenir l’enfant est de communiquer avec lui. Nous avons un programme à l’Institut Bordet pour aider les parents à parler à leurs enfants de la maladie. On s’adapte à leurs inquiétudes et à leurs situations."


Quelles sont les questions des enfants ?


"La semaine passée, un enfant m’a dit qu’il avait fait une bêtise à l’école et que son comportement n’était pas bon. Son professeur et ses parents n’étaient pas contents. Il s’est du coup demandé si c’était de sa faute si son père avait un cancer. Il y a donc la question de la culpabilité qui revient et il faut l’évacuer."


Est-ce que cela fragilise un couple?


"C’est nuancé. Le cancer est quelque chose qui vous tombe sur la tête, qui est compliqué, et dans un couple, il y a cette contamination de l’un vers l’autre. D’une anxiété de l’un vers l’autre. Il y a une tendance à ne pas communiquer, ce qui fige la situation. Il faut plus discuter. Il existe des projets et des programmes pour soutenir les couples si besoin."

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