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Après une chimiothérapie chez l'enfant, il y a des effets secondaires des dizaines d'années plus tard: cette découverte pourrait changer la donne (vidéo)

 
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Jérôme revient régulièrement dans l’unité d'hémato-oncologie pédiatrique des Cliniques universitaires Saint-Luc. Il a été hospitalisé une première fois pour un lymphome à l’âge de 13 ans, puis lors d’une rechute à 17 ans. Aujourd'hui âgé de 23 ans, il est en rémission. "Je viens tous les ans faire un bilan cardiaque pour pouvoir voir l’évolution, si mon corps évolue normalement pour quelqu'un de mon âge", nous explique-t-il.

Surdité, stérilité, problèmes hormonaux, cardiaques...

Les effets secondaires immédiats des traitements contre le cancer, tels les nausées et la perte des cheveux, sont bien connus du grand public. Mais les radiothérapies et chimiothérapies entraînent également un lot de complications sur le long terme, qui varient d'un cancer à l'autre, ainsi que du traitement administré: un risque de surdité, des problèmes hormonaux ou cardiaques. Il y a 5 ans, Jérôme a appris qu'il était stérile. C'est aussi l'un des effets secondaires de ce type de traitements. "J’ai refait des tests il y a deux ans qui confirmaient que ça ne reviendrait pas".


 

"Notre but c’est de les guérir, mais avec la meilleure qualité de vie possible"

Le docteur Maëlle de Ville de Goyet est responsable du suivi à long terme des patients au sein de l'unité d'hémato-oncologie pédiatrique. Chaque année, ils sont plus de 250 à venir dépister les effets secondaires dus à la toxicité des thérapies.

"Dès 30, 40 ans, on peut avoir une fatigue du cœur, qu’on va devoir suivre. On sait aujourd'hui que plus tôt on la dépiste, plus tôt on instaure un traitement, au mieux on va pouvoir faire reculer cette fatigue, cette insuffisance cardiaque, dans le temps", explique-t-elle. Répertorier toutes ces données est donc crucial pour les cliniciens, dans le traitement des patients. Mais aussi pour diminuer la toxicité des traitements. "Il faut s’assurer du futur de nos patients, notre but c’est de les guérir, mais avec la meilleure qualité de vie possible".

Servir de la génétique pour guérir

C’est également l’objectif de l’équipe du professeur Anabelle Decottignies.

Au laboratoire, elle reçoit notamment les biopsies d’enfants atteints d’ostéosarcomes, un cancer de l’os. Les chercheurs étudient de près la génétique des cellules de ces tumeurs.

Eloïse Claude, doctorante financée par le Télévie, nous détaille ce qui est visible sur cette image: "En bleu, on voit les chromosomes d’une cellule d’ostéosarcome. En vert et en rouge, on voit les télomères qui sont marqués".

Toutes nos cellules comportent ces télomères, il s'agit de l’extrémité de nos chromosomes. Mais dans ce type de cancer, ils sont différents des autres. "Comme ils sont différents de nos télomères de cellules saines, l’idée, c’est de pouvoir cibler cette différence. Du coup on ne va attaquer que la cellule cancéreuse, en épargnant la cellule saine", détaille Anabelle Decottignies, qui est maître de recherche FNRS.

Encore un long chemin jusqu'au traitement

Le but à terme est de développer une chimiothérapie qui n’occasionne pas les dégâts des traitements actuels. "Là, on travaille en collaboration avec des chimistes pour nous aider à développer des molécules. Et après, une fois qu’on a des molécules, vous savez comment ça se passe, on a des essais cliniques. Tout ça est lourd, on n’est pas encore au traitement final".

Aujourd'hui, 2/3 des enfants qui ont guéri de leur cancer après une chimiothérapie ont des effets secondaires à long terme. Les chercheurs ont bon espoir de faire baisser ces statistiques. 

 




 

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