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Au Venezuela, les volontaires veulent participer à l'entrée de l'aide

Yamila Vargas a attendu des heures sous le soleil à Caracas pour se porter officiellement volontaire à l'acheminement de l'aide humanitaire au Venezuela. Infirmière au chômage et survivante du cancer, elle veut que son pays, en proie à de graves pénuries, reçoive l'aide d'urgence.

Malgré le refus du président Nicolas Maduro, l'opposant Juan Guaido a promis que l'aide humanitaire américaine, stockée à la frontière du pays, entrerait au Venezuela le 23 février. Pour cela, il a lancé le recrutement de volontaires dont certains ont prêté serment samedi lors d'une cérémonie organisée par l'association "Coalition Aide et Liberté" à Los Cortijos, au nord-est de Caracas.

"Malheureusement, l'espace est trop petit pour tous", s'est excusé l'opposant au début de son discours, alors que quelque 4.000 personnes, des habitants, des médecins, des infirmières, des étudiants, s'étaient rassemblés, a constaté l'AFP.

Yamila s'est inscrite sur internet pour se porter volontaire le 12 février, lorsque des dizaines de milliers de partisans de Juan Guaido sont descendus dans la rue pour demander l'entrée de l'aide américaine. Le lendemain, elle recevait un appel téléphonique de l'opposant lui-même, qui a souhaité remercier directement plusieurs bénévoles. "C'était la folie dans ma famille ", a-t-elle raconté à l'AFP.

- Site internet dédié -

Milagro Diaz, une habitante de Macaracuay, dans l'ouest de Caracas, exprime aussi son enthousiasme à l'idée de se joindre au mouvement des volontaires. "Après tant de tristesse, nous sommes très heureux, nous n'osons pas y croire", dit-elle.

Francisco Garcia, un artiste plasticien de 43 ans, s'est inscrit immédiatement sur le site internet dédié aux volontaires dès qu'il a entendu l'appel lancé aux bénévoles. Sa mère lutte contre un cancer du poumon et a vu plusieurs de ses connaissances mourir faute de médicaments.

Il ne croit pas à la thèse du gouvernement de Nicolas Maduro, qui voit en l'aide humanitaire un "show politique", prélude à une intervention militaire étrangère. "C'est eux qui font le show avec leurs caisses de nourriture", accuse-t-il en référence au programme de distribution de nourriture à prix subventionnés lancé par le gouvernement il y a trois ans.

Religieuse de la congrégation des Esclaves du Christ Roi, Shirtley Barillas veut aussi participer: "Nous avons enregistré plusieurs sœurs de la congrégation pour aider dans ce processus de reconstruction du pays et pour apporter notre grain de sable de foi, d'humanité", explique-t-elle.

- "Mon fils est dénutri" -

Mari Tovar, mère de trois enfants, dont l'un souffre de dénutrition, s'est également inscrite sur le site internet pour apporter son aide si nécessaire. Elle bénéficie d'une initiative privée qui a installé des cantines dans plusieurs Etats du pays.

"Si vous petit-déjeunez, vous ne déjeunez pas, si vous déjeunez, vous ne dînez pas," dit la mère de famille, qui espère que le pays sera "remis à flot". "Je veux que mes enfants aient accès à des médicaments et à de la nourriture", explique-t-elle.

Selon Juan Guaido, reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, 600.000 personnes se sont inscrites pour participer à l'acheminement de l'aide américaine dans le pays.

Son objectif est que des "caravanes" de volontaires se rendent non seulement jusqu'à la ville frontalière colombienne de Cucuta, premier point d'arrivée de l'aide, mais aussi à la frontière avec le Brésil, où sont installés, selon lui, deux centres de stockage, et à un autre point d'arrivée où sera envoyée de l'aide depuis l'île de Curaçao.

Samedi, plusieurs dizaines de tonnes supplémentaires d'aide humanitaire des Etats-Unis sont arrivés à Cucuta, s'ajoutant aux vivres et médicaments stockés depuis le 7 février et au 2,5 tonnes acheminées vendredi depuis Porto Rico (territoire américain des Caraïbes).

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