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Au Zimbabwe, une route de township se mue en "club" de fitness

Sur une route au-dessus d'une voie ferrée, aux abords de Bulawayo, dans le sud du Zimbabwe, une trentaine de personnes venues des townships alentour font leurs exercices du matin.

Le large tronçon de route est un lieu de rassemblement bien connu des amateurs de fitness qui, de 5H à 7H du matin, s'étirent, font du jogging, des pompes, des abdos, des squats, du step, de la boxe dans le vide ou des sauts.

Les townships voisins d'Emakhandeni et de Cowdray Park n'ont guère d'équipements sportifs et le pont est un lieu de rendez-vous sûr pour quiconque veut brûler des calories au petit matin.

Ce dimanche, deux jeunes footballeurs font des exercices d'échauffement sous l'oeil de leur entraîneur, des groupes d'hommes s'entraînent ensemble et un couple rit en faisant ses exercices, rejoint par de jeunes enfants.

"Je viens avec mes soeurs le plus tôt possible, comme 5H du matin, et nous venons tous les jours", dit Sidumsile Mthethwa, une étudiante en arts de 20 ans. "Le dimanche, nous venons avant d'aller à l'église".

"Ca occupe les enfants et nous permet de passer du temps ensemble - d'autres viennent d'endroits différents et nous nous rencontrons ici".

"Il y a un gymnase local, mais il n'y a pas d'équipement", explique Emmanuel Sibanda, 25 ans, un passionné de culturisme. "Nous venons ici parce que cela permet de perdre du poids et d'avoir bonne mine. Les gens veulent être en bonne santé".

Le lieu est devenu une sorte de "club" de fitness sans nom, ni membres, ni équipement, où chaque groupe a ses habitudes.

Certains utilisent les trottoirs pour faire du step, d'autres des trous de drainage pour caler leurs pieds lorsqu'ils font des abdos. D'autres montent et descendent à toute vitesse le talus menant à la voie ferrée ou font du jogging le long de la voie.

L'entraîneur de football amateur Julius Ndlovu a fait venir deux jeunes joueurs d'une équipe locale pour un entraînement avant le début des matchs en mars.

"Beaucoup d'enfants prennent de la drogue, mais s'ils viennent ici le matin, ils l'évitent", dit-il. "La forme physique est la clé d'une vie saine".

Au fur et à mesure que la matinée avance, la circulation devient plus dense et la petite foule s'éloigne de la route pour permettre aux voitures, camions et autobus de passer à toute allure pour aller et venir de Bulawayo, la deuxième ville du pays.

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