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Coronavirus: le procès pour pédophilie du chirurgien Le Scouarnec renvoyé à octobre

Coronavirus: le procès pour pédophilie du chirurgien Le Scouarnec renvoyé à octobre
Portes de la salle des assises de Saintes, où se déroule procès du chirurgien Joël Le Scouarnec, le 13 mai 2020 GEORGES GOBET
 
 

Le procès à Saintes (Charente-Maritime) de Joël Le Scouarnec, accusé de viols et agressions sexuelles sur quatre mineures, a été renvoyé au mois d'octobre en raison de la crise du coronavirus, a décidé lundi la cour d'assises, le chirurgien étant maintenu en détention provisoire.

Ce renvoi, sans date précise, a été ordonné "à la demande de plusieurs avocats des parties civiles, à laquelle s’est associé l’avocat de l’accusé et en raison de la crise sanitaire provoquée par le Covid-19", a annoncé Emilie Abrantes, magistrate déléguée à la communication à la cour d'appel de Poitiers.

"Dans l’attente, Joël Le Scouarnec reste placé en détention provisoire", a-t-elle précisé dans un communiqué. Lundi matin, il avait été extrait de la prison où il est incarcéré depuis son interpellation en mai 2017.

Cette décision de report était devenue inéluctable après l'appel dimanche de la ministre de la Justice Nicole Belloubet à repousser "dans la mesure du possible" les procès d'assises.

Celui du chirurgien, premier volet d'une affaire tentaculaire de pédophilie aux centaines de victimes potentielles, avait débuté vendredi à huis-clos et devait durer jusqu'à mardi.

Les avocats de plusieurs parties civiles avaient demandé ce renvoi en raison de craintes concernant la situation sanitaire de certaines d'entre elles dont le témoignage était attendu.

"Il semble que certaines ont été en contact avec des personnes contaminées et donc leur état nécessitait un confinement", a expliqué à l'AFP Yves Crespin, l'avocat de l'association partie civile L'Enfant bleu, à la sortie de l'audience au cours de laquelle il a par ailleurs réclamé de nouvelles expertises psychiatriques.

Une avocate enceinte avait également expliqué dimanche à l'AFP qu'elle-même et son cabinet devaient être confinés après avoir appris qu'un client étranger à l'affaire était porteur du coronavirus.

"Pour des raisons sanitaires, on ne peut pas tenir ce procès dans des conditions comme celles-là", a confirmé à l'AFP à la sortie du palais de justice Me Francesca Satta, avocate des parents de la petite fille qui avait dénoncé le chirurgien en 2017.

Le procès reprogrammé à l'automne, "cela permettra, peut-être, un meilleur calibrage de l'audience avec la possibilité d'avoir une 4e journée d'audience (au lieu de trois), ce qui nous apparaît opportun pour nous, parties civiles, pour pouvoir nous exprimer librement et pouvoir poser des questions supplémentaires. Cela permettra aussi d'entendre des témoins qui ne pouvaient pas être présents à cette audience", a ajouté l'avocate.

Lundi matin, au palais de justice de Saintes, des dizaines de personnes qui avaient rendez-vous ou étaient convoquées ont été renvoyées chez elles, sauf contentieux "urgents", a constaté l'AFP. "Le tribunal ferme à cause de l'épidémie, tout sera renvoyé, vous serez reconvoqués", a lancé un agent de sécurité aux personnes qui affluaient aux premières heures d'ouverture du palais.




 

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