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Hôpital psychiatrique de Rouen: l'accord social sur la sellette

Hôpital psychiatrique de Rouen: l'accord social sur la sellette
Des employés de l'hôpital psychiatrique du Rouvray dans l'agglomération de Rouen en grève de la faim le 29 mai 2018CHARLY TRIBALLEAU

L'intersyndicale de l'hôpital psychiatrique du Rouvray dans l'agglomération de Rouen pose de nouvelles conditions à la signature de l'accord annoncé le 8 juin avec la direction, après plus de deux semaines de grève de la faim de plusieurs employés, a-t-elle indiqué mardi.

"Le départ" du président de la commission médicale d'établissement (CME) et de sa directrice des soins est "un préalable à la signature d’un protocole de sortie de crise dont l’issue est compromise par les nuisances institutionnelles de ces deux individus", écrit l'intersyndicale CFDT, CGT, CFTC et SUD dans un courrier qu'elle dit avoir adressé à la ministre de la Santé Agnès Buzyn et dont elle a envoyé une copie à un correspondant de l'AFP.

Contacté, le ministère n'a pas souhaité faire de commentaire. L'Agence régionale de santé (ARS) a renvoyé vers la direction de l'hôpital, qui n'était pas joignable.

"La version définitive du protocole de sortie de crise" qui prévoit la création de 30 postes est "en cours de rédaction", précise l'intersyndicale du Rouvray.

"Ces deux personnes sont clairement des freins à la mise en application de l’accord", a affirmé Sébastien Ascoet, délégué syndical CGT, interrogé par l’AFP. "Elles organisent les choses dans leur coin sans tenir compte ni du cadre général issu de l’accord de sortie de crise, ni des instances du personnel", a ajouté Jean-Yves Herment, secrétaire CFDT du CHSCT de l'établissement et qui avait fait partie des grévistes de la faim.

M. Herment évoque "un climat de chasse aux sorcières", du "chantage et des pressions à l’encontre de certains anciens grévistes". "S’il faut repartir à la grève, on le fera", a conclu le syndicaliste.

Interrogé, le président de la CME, Sadeq Haouzir, a toutefois "démenti formellement tout chantage et toute pression à l'endroit des salariés". "J'ai pris connaissance du courrier. Je ne comprends pas ce que l'on me reproche. Les médecins que je représente ont toujours considéré que l’hôpital était en sous capacité, qu'il manque des lits. La communauté médicale que je représente ne peut que soutenir les demandes de moyens supplémentaires. En revanche, nous nous désolidarisons toujours des actes violents", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, au Havre, où les urgences de l'hôpital psychiatrique Pierre-Janet sont en grève depuis le 16 juin, la CGT a indiqué mardi que sept grévistes occupaient le toit des urgences psychiatriques jusqu'à ce que la directrice de l'ARS vienne les rencontrer. Ils y ont monté des tentes, a ajouté le syndicat, photos à l'appui. Les grévistes, à qui le syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) a apporté samedi son soutien, réclament la création de 50 postes.

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