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La Belgique à la pointe en matière d'hypnose: pourquoi cette technique est-elle séduisante ?

La Belgique est à la pointe en matière d'hypnose. Cette technique est de plus en plus souvent utilisée comme thérapie, ou lors d'interventions chirurgicales, pour éviter une anesthésie générale. L'une des spécialistes en la matière travaille au CHU de Liège.

Loin de la scène et du spectacle, dans le calme d’une salle de soins, l’hypnothérapeute utilise un langage codé, toujours sans la moindre négation, jusqu’à faire basculer le patient dans un état de conscience plus profond. Dans cet exercice, après quelques séances, il parvient à identifier parfaitement sa douleur et participe alors à son propre traitement."Cette capacité est en nous. Elle nous protège parce qu’il y a des situations où l’on se met spontanément en hypnose pour survivre. On se dissocie. C’est comme cela que vous pouvez entendre des gens qui ont eu un accident très grave et disent n’avoir aucune douleur", assure Marie-Elisabeth Faymonville, anesthésiste et spécialiste de l’hypnose au CHU de Liège, au micro de Julien Modave.


Une méthode plus naturelle et moins invasive

Sous hypnose, vous êtes éveillez, entendez les mots et oubliez votre douleur. Cela permet de réaliser des opérations avec une simple anesthésie locale. A Liège, 9.000 patients ont été opérés en une vingtaine d’années. C’est à peine 1% des opérations, mais l’hypnose attire de plus en plus d’adeptes. L’une des raisons, c’est qu’elle semble une méthode plus naturelle et moins invasive."On a peut-être dans notre société fait un peu trop confiance à ce que la solution vienne de l’extérieur. La technique, les médicaments. Et on a peut-être délaissé toutes les possibilités que l’on a en soi", explique l’experte. Le patient récupère donc plus vite car il a moins de fatigue.


Attention, on peut vous manipuler

Entre de mauvaises mains, cette technique peut toutefois se révéler dangereuse."Quand vous êtes en hypnose, vous diminuez le raisonnement, le jugement et l’analyse. Et vous devenez beaucoup plus subjectif. Donc, vous devez être vigilant avec qui vous faites l’hypnose car on peut vous manipuler", avertit Marie-Elisabeth Faymonville. L’une des revendications de la prochaine conférence mondiale dans le domaine est d’ailleurs éthique. Les spécialistes de cette technique réclament un accès à la profession.

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