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La Cité des sciences met le feu à l'affiche

Qu'est ce qui permet de créer des liens, fait avancer les voitures et peut détruire une cuisine ? Le feu, la nouvelle vedette d'une exposition de la Cité des sciences à Paris qui décortique cette réaction chimique "ami et ennemi".

L'exposition est le fruit d'un fait divers: en août 2015, un violent incendie ravage une partie de la Cité des sciences, entraînant sa fermeture totale pendant plus d'un mois. "On a voulu en faire quelque chose de positif", explique Julia Maciel, commissaire de l'exposition ouverte jusqu'au 6 janvier.

"L'homme entretient un rapport ambivalent avec le feu à la fois fascinant et effrayant, convivial et destructeur, ami et ennemi, moderne et archaïque", explique à l'AFP Julia Maciel.

L'exposition commence par le commencement: lorsque l'homme découvre le feu puis le domestique il y a 400.000 ans. Le visiteur découvre les mythes, rites et fêtes liés au feu. Et également, plus terre à terre, les techniques utilisées pour recueillir, entretenir, allumer la combustion.

Une animation très poétique, au graphisme épuré, présente sous forme de dessin tout ce que le feu a apporté dans le quotidien de l'homme comme l'éclairage (de la bougie à la boule à facette) ou encore une certaine communion "sociale" (des histoires de chasse rapportées autours des foyers préhistoriques aux livres lus aux enfants devant la cheminée).

Le visiteur quitte ensuite cette atmosphère feutrée aux couleurs chaudes pour gagner un "laboratoire" qui décortique la réaction chimique à l'origine du feu, "ce qui la compose, ce qui se passe, ce qu'elle produit".

- Dans la peau d'un pompier -

"Pour qu'il y ait combustion, il faut qu'il y ait un combustible, comme le butane ou l'essence, de l'oxygène (de l'air), et une énergie qui permette de démarrer la combustion comme une étincelle", explique Julia Maciel. Le tout dans un savant dosage, comme peut le tester le visiteur en manipulant à l'aide de manettes "la recette de la combustion".

"Nos sociétés sont basées sur la puissance du feu", explique Julia Maciel. Qu'elle soit visible ou non, la combustion alimente nos chaudières, nos centrales thermiques, nos transports (des locomotives à vapeur aux fusées)...

Face à un moteur automobile (la réplique de ceux des premières Peugeot), le visiteur peut observer l'étincelle blanche qui s'y cache et comprendre comment il transforme la chaleur de la combustion en mouvement.

Une société "thermo-industrielle" qui a apporté beaucoup de confort, de mobilité... mais aussi des émissions de CO2 et des particules fines. Une climatologue, une chimiste de la combustion et un historien sont interrogés sur les perspectives d'avenir de cette société face au dérèglement climatique.

La dernière section, très ludique et expérimentale, transporte les visiteurs dans la peau d'un pompier. Petits et grands peuvent enfiler son équipement - casque et bouteille d'air comprimé compris - traverser une salle enfumée, pousser la porte d'une pièce "en feu" (fumée, crépitement, odeur, tout y est), inspecter une vrai cuisine calcinée... De quoi marquer les esprits.

Dans la cadre de cette exposition, "le 14 juillet, un bal des pompiers se tiendra à la Cité des sciences suivie, le dimanche, d'une journée sur les métiers des pompiers de Paris", se réjouit la commissaire de l'exposition.

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