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Mise à pied pour l'ex-présidente par intérim du CNRS

Mise à pied pour l'ex-présidente par intérim du CNRS
Le siège du Centre National de la recherche scientifique à ParisJOEL SAGET

La biologiste et généticienne Anne Peyroche, qui assura un bref intérim à la tête du CNRS, principal organisme de recherche français, a été sanctionnée de deux semaines de mise à pied pour "manquements à l'intégrité scientifique", a annoncé le Commissariat à l'énergie atomique (CEA).

Mme Peyroche avait présidé par intérim le CNRS d'octobre 2017 à janvier 2018, avant d'être déclarée "empêchée" et de devoir s'expliquer sur de possibles anomalies dans les graphiques de certains de ses articles scientifiques publiés entre 2001 et 2012, alors qu'elle travaillait pour le CEA. Ils avaient été mis en cause sur le site PubPeer abritant des discussions post-publication et des remarques - anonymes ou non - sur les articles scientifiques.

Le CEA a mis en ligne cette semaine les conclusions du Comité de déontologie et d'intégrité scientifique composé de quatre experts indépendants mis en place pour examiner l'affaire, qui conclut à "l'existence de certaines pratiques contestables et méconduites sérieuses concernant ces figures", dans trois des cinq articles incriminés.

Le rapport évoque ensuite des cas "d'embellissement", "manipulation" et deux types de "falsification" dans les graphiques. Il estime que pour autant "les résultats scientifiques présentés dans les publications ne sont pas remis en question", mais pointe la "pleine responsabilité" de Mme Peyroche.

"Au vu de l'ensemble des pièces du dossier et après entretien préalable avec l'intéressée, le CEA a conclu à des négligences fautives constitutives de manquements à l'intégrité scientifique de nature à porter atteinte à l'image de l'organisme et plus généralement de la recherche et justifiant une sanction de mise à pied de deux semaines à l'encontre de madame Anne Peyroche, à l'origine des figures incriminées," souligne un communiqué de l'institution.

Dans sa réponse au "pré-rapport" du comité, également mise en ligne par le CEA, Mme Peyroche souligne que "si je reconnais avoir commis des fautes dans la façon dont j'ai préparé certaines figures, je dénonce fermement que des falsifications puissent être énoncées", accusant le comité d'être "resté hermétique aux arguments que mes co-auteurs et moi-même avons avancé sur l'authenticité du travail".

Avant de rejoindre le CNRS en 2016, Anne Peyroche avait été chercheuse entre 1999 et 2008 puis responsable d'équipe jusqu'en 2014 au CEA. Elle avait ensuite été nommée conseillère au ministère de l’Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.

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