En ce moment
 

Pauvreté, assurance chômage, système de santé: une rentrée sociale dense

Pauvreté, assurance chômage, système de santé: une rentrée sociale dense
Muriel Pénicaud et Agnès Buzyn (d) à l'Assemblée nationale en mars 2018.ALAIN JOCARD

La rentrée sociale s'annonce dense avec la présentation de plans très attendus pour lutter contre la pauvreté ou transformer le système de santé, l'ouverture de négociations sur l'assurance chômage, mais aussi la reprise des discussions sur les retraites.

- Plan pauvreté -

Très attendu après le couac de son report en juillet, le plan pauvreté sera présenté vers la mi-septembre.

Annoncé par le président en octobre dernier, il doit comporter une série de mesures pour "rompre avec le déterminisme de la pauvreté", qui touche environ 14% de la population dont près d'un enfant sur cinq.

Cette "stratégie", qui sera "mise en œuvre en 2019", "ne se contentera pas de proposer une politique de redistribution classique" mais "un accompagnement réel vers l'activité, le travail, la santé, le logement, l'éducation", a promis Emmanuel Macron, qui avait fustigé "le pognon de dingue" versé à des "gens pauvres (qui) restent pauvres".

Petits-déjeuners offerts dans les écoles prioritaires, bonus financier pour les crèches accueillant des enfants défavorisés, instauration progressive d'un versement social unique devraient notamment y figurer.

- Assurance chômage -

Les partenaires sociaux, à la demande du gouvernement, vont renégocier les règles de l'assurance chômage pour la troisième fois depuis début 2017.

L'exécutif souhaite que syndicats et patronat, qui gèrent le régime, instaurent un bonus-malus sur les cotisations patronales pour pénaliser les entreprises abusant des contrats courts. Face aux réticences patronales, le ministère du Travail s'est dit prêt à mettre en place ce bonus-malus.

Le gouvernement souhaite aussi que les partenaires sociaux se penchent à nouveau sur l'indemnisation des demandeurs d'emploi en activité réduite et des chômeurs de longue durée.

Une concertation débutera fin août avec l'exécutif pour élaborer le document de cadrage de la négociation, qui doit s'étaler entre l'automne et février au plus tard.

- Système de santé -

Attendue pour le printemps puis reportée à l'automne, l'annonce d'une transformation "globale" du système de santé doit permettre d'apporter des réponses au malaise des soignants et au déficit chronique des hôpitaux.

En février, "cinq grands chantiers" prioritaires ont été identifiés: qualité et pertinence des soins, financement des hôpitaux, formation et qualité de vie au travail des professionnels de santé, virage numérique et organisation territoriale des soins.

Le gouvernement souhaite notamment réduire la tarification à l'activité (T2A) des hôpitaux, faire la chasse aux actes médicaux "inutiles" et s'appuyer sur la médecine de ville pour désengorger les établissements.

"Notre objectif n'est pas de faire des économies mais de voir comment, avec le même montant de dépenses, on peut améliorer la qualité de vie des Français", a expliqué la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, n'excluant pas que cela puisse entraîner la fermeture de services hospitaliers "de proximité".

- Fonction publique -

La concertation sur la réforme de la fonction publique entre gouvernement et syndicats de fonctionnaires doit reprendre en septembre en vue de l'élaboration d'un projet de loi au premier semestre 2019.

Cette concertation vise pour l'exécutif à accompagner "la transformation de l'action publique", en apportant plus de "souplesse" dans la gestion des agents.

Elle porte sur quatre thèmes: dialogue social, rémunérations, mobilité - y compris vers le privé - et recours accru aux contractuels.

Le gouvernement souhaite notamment la création d'un "contrat de mission" de six ans maximum. Il a aussi évoqué un élargissement du recours aux contractuels pour les "emplois permanents des catégories B et C". Les syndicats y voient une "attaque" contre le statut de fonctionnaire.

- Réforme des retraites -

A partir de septembre, le gouvernement reprendra ses consultations avec les partenaires sociaux sur la réforme des retraites promise pour 2019, notamment sur l'âge de départ. Emmanuel Macron a par avance exclu de toucher à l'âge légal, actuellement fixé à 62 ans dans la plupart des cas.

Depuis le lancement mi-avril des concertations avec syndicats et patronat, le gouvernement les a laissé exposer leurs intentions, sans dévoiler les siennes.

Chaque organisation concernée (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, Unsa, Medef, CPME, U2P et FNSEA) a rencontré le Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, qui doit présenter les grandes orientations du projet en décembre ou janvier.

L'exécutif a réitéré son souhait de mettre en place un régime "universel" et tenté d'apaiser les craintes nées d'une rumeur de suppression des pensions de réversion.

Vos commentaires