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Pétrochimie: des mesures à prendre face à l'explosion de la demande

(Belga) L'utilisation des produits pétrochimiques, à commencer par le plastique, va continuer à progresser fortement et nécessiter des mesures pour limiter la pollution qu'ils engendrent, estime l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Dans un rapport publié vendredi, l'agence, basée à Paris, souligne le rôle croissant de la pétrochimie, qui transforme le pétrole et le gaz en produits omniprésents dans le quotidien: plastique, engrais, emballages, vêtements, détergents etc. La demande de plastique a notamment explosé et dépassé celle des autres matériaux (comme l'acier, l'aluminium ou le ciment), doublant quasiment depuis le tournant du millénaire. Les Etats-Unis, l'Europe et les autres économies avancées utilisent ainsi jusqu'à 20 fois plus de plastique et 10 fois plus d'engrais que des pays comme l'Inde ou l'Indonésie. Ce qui en "souligne l'énorme potentiel de croissance dans le monde", note l'AIE. La pétrochimie est aussi devenue le principal facteur de la croissance de la demande de pétrole, devant les voitures, les camions ou les avions. Elle représentera plus d'un tiers de cette croissance d'ici 2030, et presque la moitié d'ici 2050. "Nos économies dépendent fortement des produits pétrochimiques mais le secteur fait l'objet de beaucoup moins d'attention que ce qu'il mérite", juge le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol. L'AIE estime qu'il s'agit d'un des "angles morts" du débat sur l'énergie, avec d'autres sujets qu'elle a déjà abordés comme l'essor de la climatisation. "La production, l'utilisation et l'élimination de ces produits soulèvent une série de défis en termes de soutenabilité auxquels il faudra faire face", juge-t-elle. Elle formule dix recommandations tant sur la production que l'utilisation et l'élimination de ces produits. Elle prône notamment la réduction des plastiques à usage unique, l'amélioration de la gestion des déchets ou encore une "extension de la responsabilité du producteur" avec, par exemple, des taxes qui pénalisent la faible recyclabilité des produits. La quantité de plastique qui finit dans les océans chaque année pourrait ainsi être réduite considérablement et la quantité totale de plastique accumulée dans les mers être plus que divisé par deux d'ici 2050 par rapport à un scénario où la tendance actuelle se poursuivrait. Le stock de plastique en mer serait ainsi quasi-stabilisé à cet horizon, sans compter les initiatives éventuelles pour aller retirer les sacs et autres emballages à la dérive. (Belga)

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