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"En transition", l'automobile se réunit à Detroit

Le monde de l'automobile se retrouve ce lundi à Detroit pour la dernière édition hivernale du célèbre salon, qui se tient cette année en pleine "transition" du secteur, confronté à ses plus graves difficultés depuis la crise financière.

Depuis la faillite de General Motors (GM) et Chrysler en 2009, l'horizon des grands constructeurs automobiles n'a jamais été aussi bouché.

Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, le ralentissement de l'économie mondiale, le durcissement des politiques environnementales et les changements des goûts des consommateurs sont autant de casse-tête appelant le secteur à se réinventer pour préserver des marges déclinantes et contrer l'offensive des géants de la Sillicon Valley.

Si Ford et Volkswagen devraient annoncer mardi une alliance stratégique, le climat dans les allées du Cobo Center, la salle d'exposition située à quelques blocs du siège de GM dans le centre-ville de Detroit, sera à la retenue.

La plupart des constructeurs haut de gamme et de luxe (Mercedes-Benz, BMW, Jaguar, Land Rover, Volvo, Lamborghini, Ferrari, Mini, McLaren) brilleront par leur absence, un coup dur pour la ville du Michigan, à laquelle le salon rapporte près de 500 millions de dollars par an et draine environ 800.000 visiteurs.

"C'est une année de transition pour le salon de Detroit et c'est symptomatique de l'état de l'industrie. Nous sommes dans une année de transition pour l'industrie", résume Michelle Krebs, experte chez Autotrader.

- Voitures toujours plus chères -

Après un boom ininterrompu depuis près d'une décennie, les ventes de véhicules neufs aux Etats-Unis devraient baisser en 2019, plombées par la hausse des taux d'intérêt qui affecte le crédit auto, s'accordent les experts.

Les voitures, qui sont de plus en plus connectées, sont également devenues beaucoup plus chères que par le passé. L'an dernier, seuls 34% de véhicules neufs vendus valaient entre 20.000 et 30.000 dollars et le prix moyen d'un véhicule était de 36.000 dollars, en augmentation de 3%, selon le cabinet Cox Automotive.

Cette hausse des prix s'explique principalement par la guerre commerciale sino-américaine, qui a renchéri les coûts de l'aluminium et de l'acier, alors que 47% des voitures vendues aux Etats-Unis l'an dernier étaient importées.

"Les tarifs douaniers mis en place représentent environ 2% des prix des voitures aujourd'hui", souligne Jonathan Smoke, économiste chez Cox Automotive.

Pour M. Smoke, si Washington venait à imposer le 17 février, comme envisagé, des taxes supplémentaires de 25% sur les exportations automobiles japonaises, chinoises et européennes, ce serait une année 2019 en "montagnes russes" pour l'automobile.

Anticipant le pire, certains constructeurs (GM, Ford, Jaguar) ont pris les devants en engageant des cures d'austérité, marquées par des suppressions massives d'emplois et des fermetures d'usines.

- Disparition des petites voitures? -

La mesure la plus symbolique reste la fin progressive de la production des berlines et citadines en Amérique du Nord par le "Big Three", au profit des grosses voitures --pickups, SUV et crossovers -- choyées par les consommateurs américains sur fond de bas prix de l'essence à la pompe.

Cette tendance sera célébrée à Detroit, où les grosses voitures vont dominer les présentations des groupes automobiles.

Cadillac doit en donner le ton dans la nuit de dimanche à lundi, en dévoilant le très attendu SUV XT6. Fiat Chrysler lèvera le voile sur le nouveau pickup RAM Heavy Duty, tandis que Ford présentera la nouvelle Explorer.

La marque à l'ovale bleu devra toutefois partager l'affiche du salon avec Toyota, les deux constructeurs devant entretenir la nostalgie et dévoiler des voitures sportives surpuissantes, le premier la Mustang Shelby GT 500 et le second la nouvelle Supra, près de vingt ans après l'assemblage du dernier modèle.

Infiniti pourrait dévoiler un concept de crossover électrique, seul véhicule "propre" attendu lors de cette édition.

"Le salon de Detroit est à bout de souffle. Cette édition sera très calme", en déduit Michelle Krebs, estimant que la décision des organisateurs de le déplacer en juin à partir de 2020 pourrait être une "renaissance" nécessaire.

Autrefois centre des annonces majeures --Toyota et Nissan y ont par exemple dévoilé leurs marques premium respectives Lexus et Infiniti -- le salon de Detroit a été éclipsé par la grand-messe de l'électronique de Las Vegas et les salons de New York et Los Angeles.

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