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"Gilets jaunes": Le Maire veut qu'aucun commerçant ne mette la clé sous la porte

Bruno Le Maire lors d'une conférence au ministère de l'Economie à Paris, le 25 février 2019ERIC PIERMONT

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s'est engagé lundi à faire en sorte qu'aucun commerçant ne soit acculé à la faillite en raison des violences commises lors des manifestations des "gilets jaunes".

"Je veux qu'il n'y ait aucun commerçant, aucun artisan obligé de mettre la clé sous la porte à cause de ces mouvements à répétition", a déclaré M. Le Maire en marge d'un déplacement dans une usine Schneider Electric du Vaudreuil (Eure).

Plusieurs mesures ont déjà été mises en place ces dernières semaines pour soutenir les entreprises, dont un dispositif d'étalement de charges sociales et fiscales, qui vient d'être prolongé jusqu'à fin avril, a indiqué le ministre après avoir reçu lundi après-midi à Bercy les représentants des commerçants et artisans pour faire le point sur le dispositif d'aide.

"Je veux m'assurer que ce dispositif marche. Les commerçants et les artisans ne doivent pas être les victimes de ces violences à répétition, et leurs commerces ne doivent pas fermer dans quelques jours ou quelques semaines parce qu'ils auraient perdu 30, 40 ou 50% de leur chiffre d'affaire", avait déclaré Bruno Le Maire lundi matin au Vaudreuil.

Le gouvernement a prévu des exonérations fiscales.

Un formulaire "permet à tous les artisans, tous les commerçants qui seraient menacés de faillite en raison des événements liés aux manifestations de déclarer leur situation sur le site (du fisc, ndlr) et de voir leurs impôts directs, impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu, annulés", a rappelé Bruno Le Maire lors de la conférence de presse suivant la réunion avec les représentants de ces secteurs d'activité.

Selon la Chambre de commerce et d'industrie de Paris et d'Ile-de-France, 91 commerces ont été touchés à Paris en marge de l'acte 18 des "gilets jaunes", notamment sur les Champs-Élysées "où la très grande majorité des commerces" ont été atteints. Parmi eux, 80% ont été assez lourdement touchés (casse, vols, incendies...).

Côté sécurité publique, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé lundi après-midi plusieurs mesures comme des interdictions de manifester et une augmentation des amendes.

Plus tôt dans la journée, les acteurs économiques avaient fait part de leur ras-le-bol.

"Ce samedi de manifestations est estimé comme celui de trop", a dénoncé la CCI dans un communiqué, demandant "des mesures fortes permettant aux entreprises de pouvoir exercer leurs activités dans des conditions sereines".

"Trop, c'est trop. Ce qui s'est passé sur les Champs-Élysées n'est que la répétition de ce que les commerçants ont déjà vécu. Il est inadmissible que cela ait pu se reproduire... en pire", avait aussi estimé la Confédération et des petites et moyennes entreprises (CPME).

Un message relayé par l'Union des entreprises de proximité (U2P), qui a déploré "une faillite manifeste de l'État dans la protection des biens et des personnes".

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