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A Strasbourg, sermons et pédagogie pour imposer la circulation différenciée

A Strasbourg, sermons et pédagogie pour imposer la circulation différenciée

"La prochaine fois, ce sera peut-être une sanction". A Strasbourg, où les véhicules polluants sont interdits à la circulation depuis lundi, les contrôles de vignettes Crit'Air par les forces de l'ordre se multiplient, mais la répression n'est pas encore à l'ordre du jour.

"C'est la première fois que nous mettons en œuvre ce dispositif. Il s'agit pour nous de convaincre les automobilistes de respecter la réglementation anti-pollution", explique Yves Séguy, secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin.

Sur une artère routière très fréquentée du sud-ouest de la capitale alsacienne, une dizaine de policiers nationaux arrêtent mardi matin les véhicules se dirigeant vers le centre-ville.

"Vous connaissez la vignette Crit'air ? Elle est obligatoire depuis bientôt un an", fait remarquer un agent à un motard après avoir contrôlé les papiers de sa Honda, dont le pare-brise est vierge.

"Il faudra y penser, car vous risquez une amende et une immobilisation du véhicule en cas de pic de pollution si vous ne la mettez pas", ajoute le policier. L'homme casqué promet de la commander et repart sans être inquiété.

Le dispositif a été adopté en novembre dernier par l'Eurométropole de Strasbourg.

A partir du 4e jour consécutif de pic de pollution, comme c'est le cas depuis lundi, un arrêté préfectoral interdit la circulation aux véhicules disposant des vignettes 4 et 5 du certificat Crit'Air entre 6h et 22h.

Seuls les véhicules électriques équipés de vignettes vertes (électriques) et ceux dotés de vignettes 1, 2 ou 3 peuvent donc rouler. Les contrevenants s'exposent à 68€ d'amende pour les véhicules légers et 135€ pour les lourds.

- "Pas le choix" -

Mardi matin, au cinquième jour du pic de pollution, le nombre de véhicules circulant sans le précieux sésame est conséquent et les automobilistes sermonnés sont circonspects.

"Je ne suis pas sûre que cela ait un vrai impact, car les gens qui n'ont pas le choix pour aller au travail prendront quand même leur voiture", estime Cristelle, strasbourgeoise d'une trentaine d'années.

"Je l'ai commandé sur internet pour être en règle la prochaine fois", assure-t-elle tout de même aux policiers.

Stéphane, habitant du quartier, se dit "agréablement surpris" par le contrôle, malgré les bouchons engendrés et le fait que sa moto n'est pas en règle.

"J'ai la vignette chez moi, mais je ne l'ai même pas mise ! Je pensais que cela ne serait jamais mis en place. C'est bien, cela va nous aider à respirer et tant pis pour ceux qui ne respectent pas les lois", dit-il.

"Cela pénalise les personnes qui doivent aller travailler et qui n'ont pas forcément les moyens de changer de voiture", regrette toutefois Marie-Jo, taxi pour animaux.

Lundi, au premier jour de "circulation différenciée", les policiers ont dénombré 405 véhicules en infraction sur 1.500 véhicules contrôlés, a indiqué la préfecture.

"Le travail d'information est essentiel. Il y a encore beaucoup de gens qui n'ont entrepris aucune démarche", remarque Jean Hayet, directeur départemental adjoint de la sécurité publique du Bas-Rhin.

Selon Yves Séguy, l'épisode de pollution à l'ozone touchant l'Eurométropole, qui accompagne les chaleurs caniculaires de ces derniers jours, résulte "pour une majeure partie de la circulation automobile".

"Il est essentiel de parvenir à contenir ce phénomène, qui pose des difficultés en matière de santé publique", souligne-t-il.

Des orages doivent mettre fin à l'alerte pollution dans le Bas-Rhin mercredi, selon Atmo Grand Est, offrant un répit temporaire aux automobilistes récalcitrants.

"Si nous devions connaître un nouvel épisode, il est probable que nous passerions de la pédagogie à la répression", prévient le secrétaire général de la préfecture.

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