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Agriculteurs: Christiane Lambert critique en direct le discours de Stéphane Travert

Agriculteurs: Christiane Lambert critique en direct le discours de Stéphane Travert
La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, au congrès de Tours, le 29 mars 2018 GUILLAUME SOUVANT
alimentation

La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a effectué jeudi, en sa présence, une critique en règle du discours que venait de prononcer le ministre de l'Agriculture en clôture du congrès du syndicat agricole, se disant notamment "très déçue sur le sujet compétitivité".

Nous sommes "satisfaits que le ministre exprime de la fermeté sur le sujet des Etats généraux de l'alimentation et (de) la loi qui doit aller jusqu'au bout, le rééquilibrage au sein des acteurs de la filière, mais déçus que sur le sujet de la baisse des charges, le ministre n'apporte pas de réponse", a-t-elle expliqué ensuite à la presse à la fin du Congrès annuel de la FNSEA, qui s'est déroulé à Tours.

"Pire même, puisqu'il propose une assurance chômage qui va représenter 4 points de cotisations pour les agriculteurs, sachant très bien que l'accès au chômage pour les agriculteurs n'est pas la solution attendue", a-t-elle ajouté.

Au ministre Stéphane Travert assis à ses côtés, et qui est resté coi, Christiane Lambert a notamment fait remarquer: "vous déplorez les délais pour construire les méthaniseurs, mais qui gouverne? C'est au gouvernement de desserrer cet étau administratif!"

"Ce n'est quand même pas normal que le ministre se lamente comme un syndicaliste que cela n'avance pas assez sur les projets de méthanisation, et qu'il ne soit pas là pour apporter les réponses", a-t-elle insisté devant des journalistes quelques minutes plus tard.

Autre déception dont la présidente de la FNSEA a fait part au ministre: "la renonciation" sur l'assurance climat. "L'Europe a donné la possibilité d'améliorer le dispositif, la France pouvait la saisir et le ministre dit ne pas vouloir le faire, c'est un mauvais signe, y compris pour la prochaine réforme", a-t-elle commenté.

Dans son discours, M. Travert avait assuré que l'intervention publique devait permettre d'inciter le plus grand nombre d'agriculteurs à prendre des assurances récolte.

Mais il avait ajouté qu'"en abaissant les seuils (de déclenchement de 30% à 20% de dégâts sur les cultures, NDLR), les contrats seraient certes plus protecteurs mais également plus coûteux pour les agriculteurs et conduiraient à des effets d'aubaine pour ceux, déjà assurés, qui ont actuellement recours à des extensions de garanties non subventionnables. Pour ces différentes raisons, je ne donnerai pas suite aux demandes formulées dans le cadre de cette période de programmation".

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