En ce moment
 
 

Aigle Azur: les candidats à la reprise se dévoilent, avenir encore flou pour les salariés

A découvrir

Vente à la découpe, reprise intégrale, liquidation? Une série de repreneurs potentiels ont manifesté leur intérêt lundi pour Aigle Azur en présentant différents projets, mais l'avenir reste encore flou pour les 1.150 salariés de la compagnie.

Un Comité d'entreprise (CE) extraordinaire de la compagnie aérienne en redressement judiciaire, entamé dans l'après-midi, était toujours en cours lundi à 21H00 pour examiner les différentes offres de reprise, au nombre de 14 selon la CFDT, l'un des syndicats qui a participé en milieu de journée à une rencontre avec le secrétaire d'État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.

"Deux offres principales ont été évoquées pendant la durée de la réunion", a déclaré le président du SNPL Aigle Azur, Martin Surzur, s'adressant à une centaine de salariés rassemblés devant le ministère des Transports.

"Il y a des déclarations d'intention et des offres partielles qui sont des offres partielles hautes", a souligné M. Djebbari en soirée au micro de la télévision franceinfo, évoquant "celles d'Air France ou celle de Gérard Houa, qui préservent la grande majorité des emplois".

Ensuite, "il y a encore deux jours, jusqu'à mercredi prochain, pour améliorer ces offres. En termes de calendrier, c'est le juge judiciaire qui opérera lundi sa décision finale concernant l'offre qui sera retenue", a rappelé le secrétaire d'Etat.

Les membres du CE doivent en effet se prononcer mercredi soir sur l'offre qui leur semble répondre le mieux aux intérêts de l'entreprise et de ses salariés, avant une décision du tribunal de commerce en début de semaine prochaine.

Air France a notamment confirmé à l'AFP avoir déposé une offre, sans en donner la teneur dans l'immédiat. Le groupe Dubreuil, propriétaire majoritaire d'Air Caraïbes, a également indiqué à l'AFP avoir déposé une telle offre, restant lui aussi avare de détails. Lu Azur, dirigée par M. Houa, déjà actionnaire d'Aigle Azur à hauteur de 20%, a annoncé avoir proposé de reprendre 90% des activités.

- Intérêt pour les créneaux d'Orly -

"Il y a évidemment deux grands pans d'activité: le long-courrier, qui intéresse plutôt Air Caraïbes et le groupe Dubreuil, et puis il y a le coeur d'activité France-Algérie et France-Maghreb qui intéresse plutôt des repreneurs comme Air France", a constaté M. Djebbari.

D'après la CFDT, Air France reprendrait 70% du personnel basé en France et l'offre Dubreuil 106 personnes. Avec ces deux offres combinées, il resterait encore 150 personnes sur le carreau.

Pour Loïc Philippot, vice-président du SNPL Aigle Azur, une des offres "semble tenir la corde, celle de (Lionel) Guérin", l'ancien PDG de Hop! (groupe Air France). "Il y a aussi celle de M. Houa", qui avait provoqué un coup de force fin août en évinçant le PDG Frantz Yvelin.

M. Philippot, s'exprimant lundi soir en marge du CE, a estimé que l'offre d'Air France "semble pour l'instant relativement limitée" tandis que celle de M. Guérin est selon lui "la seule complète avec reprise de l'ensemble des salariés". L'ex-dirigeant de Hop! mettrait entre 40 et 50 millions dans l'enveloppe, avec participation des salariés à hauteur de 5 millions d'euros, a assuré le responsable syndical.

Avant la rencontre avec les syndicats, M. Djebbari avait souligné l'importance de trouver une solution pérenne pour la compagnie, qui emploie 1.150 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie.

Parmi les autres repreneurs éventuels, EasyJet a confirmé à l'AFP "avoir fait part de son intérêt quant aux opérations d'Aigle Azur à Orly". Vueling a fait de même, selon une source syndicale.

Le grand acteur espagnol du low cost est avant tout intéressé par les créneaux d'atterrissage dont Aigle Azur dispose à Paris-Orly. Il s'agit d'un ensemble de 9.800 créneaux horaires annuels dans cet aéroport où le total pour toutes les compagnies est plafonné à 250.000.

En redressement judiciaire, Aigle Azur est dans une telle impasse financière qu'il ne peut ni dédommager financièrement ses clients, ni même assurer le rapatriement des voyageurs dont le vol retour a été annulé.

La question du dédommagement et du rapatriement des voyageurs reste posée.

"Sur les 19.000 passagers qui se sont retrouvés en difficulté au plus fort de la crise, il en reste encore 13.000", a précisé lundi M. Djebbari. "Dont 11.000 sur des vols avec l'Algérie, 600 avec le Mali, puis le Portugal, la Russie, le Liban, et quelques dizaines de personnes avec le Brésil, l'Ukraine et le Sénégal".

Avec ses 11 avions, Aigle Azur a transporté 1,88 million de passagers en 2018.

cda-dec-jug-vac/tq/lem/cbn

Vos commentaires