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Air France: le syndicat de pilotes SNPL "prend tout le monde en otage", selon Laurent Berger

Air France: le syndicat de pilotes SNPL
Des avions d'Air France sur le tarmac de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle le 24 avril 2018STEPHANE DE SAKUTIN

Le SNPL, premier syndicat de pilotes à Air France, "prend tout le monde en otage" dans le conflit salarial qui oppose les syndicats à la compagnie, a estimé dimanche le patron de la CFDT, Laurent Berger, qui appelle les salariés à voter oui à la consultation sur le projet d'accord salarial de la direction.

Dans ce conflit, qui a mené à 11 journées de grèves depuis fin février, avec quatre autres programmées en mai, "on a un syndicat majoritaire de pilotes, qui s'appelle le SNPL, qui prend tout le monde en otage", a déclaré M. Berger, invité du Grand rendez-vous Les Echos/CNews/Europe 1.

"Ca va se passer comment à la fin si on suit le SNPL? Les pilotes, on va leur donner de quoi s'en sortir, et le personnel au sol, il trinquera. On aura des suppressions d'effectifs, on aura des réductions de personnel", a mis en garde M. Berger.

Pour tenter de mettre fin au conflit, la direction de la compagnie a présenté un projet d'accord salarial qu'elle a soumis pour consultation au personnel jusqu'à vendredi prochain. Le patron d'Air France, Jean-Marc Janaillac, a mis sa démission dans la balance.

La CFDT "n'est pas demandeur de ce type de consultation", mais "dans ce cas précis où il y a une impasse totale, (...) nous disons aux salariés: il faut voter oui pour sortir de cette impasse", a dit M. Berger.

Le texte prévoit dès 2018 une augmentation des grilles salariales de 2% (et une enveloppe de 1,4% d'augmentations individuelles au sol), puis 5% supplémentaires étalés sur trois ans, conditionnés aux résultats économiques de l'entreprise. Le projet d'accord a été rejeté par les onze syndicats appelant à la grève, dont ne fait pas partie la CFDT. Ils réclament une augmentation générale des salaires de 5,1 % dès cette année.

"Le SNPL, suivi par d'autres organisations très contestataires, sont en train de bloquer cette compagnie, et sont en train de la mettre en grosse, grosse difficulté", alors qu'Air France est "soumise à une concurrence énorme", a encore estimé M. Berger.

Le SNPL "entraîne Air France vers le fond" et son président, Philippe Evain, "se prend pour le lider maximo et veut emmener tous les personnels du sol avec lui. Ils n'ont pas intérêt à le suivre, parce que c'est eux (...) qui vont payer la facture à la fin", a averti M. Berger.

Interrogé sur ces propos dans l'émission Le Grand Jury (RTL/LCI/Le Figaro), le nouveau leader de FO, Pascal Pavageau, s'en est démarqué. "Je ne suis pas d'accord", a-t-il dit, "le rapport de force n'est pas une prise d'otage, quelle que soit l'organisation syndicale".

Il a rappelé que FO appelait à voter non à la consultation de la direction, et s'est dit "contre le principe du référendum en entreprise". Avec cette consultation, "on a un phénomène de contournement des organisations syndicales", a-t-il expliqué.

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