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Alain Griset, l'ancien taxi devenu ministre des PME durant la crise

Alain Griset, l'ancien taxi devenu ministre des PME durant la crise
Le ministre délégué chargé des Petites et moyennes entreprises, Alain Griset le 15 septembre 2020 à l'Assemblée nationale à Paris MARTIN BUREAU
 
 

Démissionnaire mercredi après sa condamnation pour déclaration incomplète de patrimoine, Alain Griset était entré au gouvernement en juillet 2020 comme courroie de transmission avec les petites entreprises et les commerçants durant la crise sanitaire.

L'ancien président de l'Union des entreprises de proximité (U2P), troisième principale organisation patronale française, avec le Medef et la CPME, a été condamné mercredi par le tribunal correctionnel de Paris à six mois d'emprisonnement avec sursis et une peine d'inéligibilité de trois ans avec sursis.

Il lui est reproché d'avoir dissimulé à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), suite à son entrée au gouvernement, la détention d'un plan d'épargne en actions (PEA) de 171.000 euros et des "participations directes" dans plusieurs sociétés comme la Française des Jeux ou Natixis.

Les parquets de Lille et Paris avaient ouvert en novembre 2020 deux enquêtes concernant un compte bancaire détenu par le ministre.

Devant le tribunal en septembre, Alain Griset s'était défendu de tout enrichissement personnel et avait expliqué avoir été mal conseillé par son banquier.

En août, il déclarait encore ne pas envisager de condamnation.

La chute est brutale pour ce Nordiste de 68 ans, artisan-taxi pendant plus de 30 ans, pour qui l'arrivée au ministère de l'Economie en juillet 2020 était une forme de consécration.

Un ministère que cet homme volontiers affable connaissait déjà bien pour en avoir foulé souvent les couloirs dans son ancienne vie de représentant des travailleurs indépendants.

"La mission qui m'est confiée, c'est d'abord écouter toutes ces entreprises - il y a trois millions d'indépendants en France" et de "regarder comment on peut accompagner leur développement", avait alors déclaré M. Griset à l'AFP.

Dans l'ombre du ministre de l'Economie Bruno Le Maire pour les décisions les plus importantes, le ministre des PME était souvent en première ligne pour discuter avec les représentants des secteurs frappés de plein fouet par la crise économique liée à la pandémie de Covid-19, comme les commerçants ou les professionnels du tourisme et de l'événementiel.

- Mandats multiples -

La semaine dernière, il avait inauguré les Assises du commerce, dont il préparait la tenue depuis l'été. Ce forum réunit pendant trois semaines tous les acteurs d'un secteur aux intérêts parfois divergents pour donner à la France "une politique commerciale" au même titre que la politique industrielle ou agricole.

Le ministre a aussi porté un projet de loi visant à mieux protéger le patrimoine personnel des indépendants et à simplifier leurs démarches administratives, qui devrait être examiné par l'Assemblée nationale en janvier.

Selon l'U2P, l'entrée d'Alain Griset au gouvernement traduisait la volonté "de s'appuyer sur un dialogue assumé avec les partenaires sociaux, et de placer les entreprises de proximité, avec l'ensemble des PME, au cœur de la relance de l'économie française".

Il effectuait de nombreux déplacements sur tout le territoire, afin de défendre les aides financières mises en place par le gouvernement au bénéfice de ces entreprises, et pour assurer la publicité du plan de relance.

"Je ne compte plus mes heures de travail mais mes heures de sommeil", ironisait-il au pire de la crise sanitaire.

Elu le 19 janvier 2017 à la tête de l'U2P, ce fils d'ouvrier qui ne cachait pas avoir échoué au baccalauréat avait auparavant présidé l'Assemblée permanente des chambres de métiers et d'artisanat et l'Union nationale des taxis. Il a aussi été membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE) entre 2010 et 2015, comme représentant des artisans.

Après ses activités de taxi, il avait cogéré une entreprise d'esthétique.

En parallèle, Alain Griset a occupé de nombreux mandats consulaires dans la région des Hauts-de-France, comme à la Confédération nationale de l'artisanat des métiers et des services (CNAMS) du Nord, au coeur des enquêtes à l'origine de sa condamnation.


 

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