En ce moment
 

Bagarre à Orly: Booba et Kaaris sauront jeudi s'ils restent en prison

Bagarre à Orly: Booba et Kaaris sauront jeudi s'ils restent en prison
Les rappeurs Booba (G), le 19 mai 2014 à Cannes, et Kaaris, le 25 mars à ParisDominique FAGET

Maintien en détention provisoire ou placement sous contrôle judiciaire ? La cour d'appel de Paris donnera jeudi sa décision sur le sort des rappeurs Booba et Kaaris, incarcérés depuis trois semaines, avant leur procès en septembre pour leur bagarre à Orly.

Ces deux figures du rap français, ainsi que huit de leur proches ayant participé à la rixe le 1er août, contestaient lundi leur placement en détention provisoire, décidé par le tribunal de Créteil (Val-de-Marne), où ils seront jugés le 6 septembre. Ils demandent à être placés sous contrôle judiciaire.

En survêtement et t-shirt blancs pour Booba, t-shirt noir pour son ancien protégé qui lui fait face dans un deuxième box, les deux rappeurs sont apparus visiblement détendus lors de l'audience lundi après-midi, échangeant clins d'oeil et sourires avec leurs proches dans une salle remplie.

Comme devant le tribunal de Créteil début août, leur défense a soutenu que ces "quarantenaires", "pères de famille" à la situation stable, n'avaient rien à faire en prison.

Certes, la bagarre générale aux airs de "cour de récré", dans une salle d'embarquement de l'aéroport d'Orly devant des passagers médusés, était "déplorable", a reconnu l'avocat de Booba, Me Yann Le Bras.

Mais, a soutenu l'avocat de Kaaris, Me Yassine Yakouti, "il faut redonner à ce dossier sa juste proportion" et "oublier les personnalités" des deux prévenus. En ordonnant leur placement en détention provisoire, "on a le sentiment que le tribunal de Créteil s'est fait le porte-voix des réseaux sociaux et des chaînes d'informations en continu", a-t-il déploré.

Devant la cour, les deux rappeurs de 41 et 38 ans ont tous deux réitéré leurs regrets et promis d'être "irréprochable" selon les mots de Booba, dans l'attente de leur procès.

"La notoriété commande une certaine responsabilité", a interjeté la présidente de la cour, circonspecte, leur demandant à tous deux s'ils n'auraient pas pu tenter de "calmer" leurs groupes respectifs pour éviter la bagarre générale.

Booba acquiesce, tête baissée.

- Représailles pas exclues ? -

Leur défense a proposé une caution, l'avocat de Booba présentant un chèque "de 20.000 euros" à la cour, l'équivalent de la moitié des dommages estimés par l'aéroport et la boutique de duty-free dégradée lors de l'altercation.

Les avocats ont aussi mentionné l'agenda perturbé des deux artistes, les "35.000 places déjà vendues" pour un concert de Booba mi-octobre en région parisienne.

"Il ne suffit pas de dire +écoutez, j'ai un compte en banque, je suis connu dans le monde entier+", a néanmoins raillé l'avocat général, qui a demandé le maintien en détention provisoire de tous les prévenus, considérant qu'il était fondé sur des "motivations sérieuses".

Dans ses réquisitions, il a évoqué "l'explosion de violence, tout aussi inattendue qu'inacceptable", dans les clans des deux rappeurs, ainsi que les dégradations et la fermeture temporaire du hall de l'aéroport après la rixe.

"Il faut protéger les personnes prévenues", a-t-il aussi dit, jugeant qu'il n'était "pas exclu" que Booba et Kaaris, pour l'heure incarcérés à Fleury-Mérogis et Fresnes, subissent des représailles "de la part des admirateurs de l'autre" s'ils sortaient de prison avant leur procès.

Une hypothèse rejetée par les deux avocats.

Selon Me Le Bras, interrogé par la presse à l'issue de l'audience, "les positions qui ont été prises par le groupe Kaaris comme le groupe Booba laissent à penser que l'on est quand même largement dans une situation de reconnaissance des violences croisées et d'apaisement".

Les deux rappeurs rivalisent de "clashs" sur les réseaux sociaux depuis des années, et se rejettent tous les deux l'origine de l'altercation à Orly, filmée par des passagers et qui a fait le tour des réseaux sociaux.

La cour a mis la décision en délibéré au 23 août. "Il serait sage qu'elle leur soit notifiée en détention", a dit la présidente pour éviter "de faire un nouveau transfèrement" des détenus, tous présents à l'audience lundi.

Les deux rappeurs doivent être jugés pour violences aggravées et vols en réunion avec destruction dans un lieu d'accès aux transports collectifs. Ces faits sont passibles d'une peine allant jusqu'à dix ans de prison.

Vos commentaires