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Barrage de Sivens: un nouveau projet d'irrigation sera choisi le 9 septembre

Barrage de Sivens: un nouveau projet d'irrigation sera choisi le 9 septembre
Des barricades et une pancarte "Non au barrage" sur le site du projet de barrage de Sivens, le 5 mars 2015PASCAL PAVANI

Près de cinq ans après la mort de Rémi Fraisse et l’abandon du barrage de Sivens, l'arbitrage sur un nouveau projet d’irrigation dans la vallée du Tescou devrait intervenir le 9 septembre, a-t-on appris auprès de la mairie de Lisle-sur-Tarn.

L'Instance de co-construction (ICC) -- qui réunit notamment élus locaux, associations environnementalistes et agriculteurs -- doit alors prendre une décision "consensuelle ou par vote" au terme de trois ans de débats, a expliqué à l'AFP la maire de Lisle-sur-Tarn, Marylin Lherm (sans étiquette).

Côté environnementalistes pourtant, l'échéance était contestée: "Nous disons qu'il faut avant de trancher une évaluation précise et géographiquement située des besoins supplémentaires en eau", a affirmé à l'AFP Claude Forgeot, du Collectif Testet.

"Soit les irrigants vont passer en force, soit nous obtiendrons un nouveau délai", a-t-il affirmé, évoquant un possible boycott du vote.

L'ICC a été mise sur pied par l’État fin 2015 dans le cadre d'un projet de territoire, proposé après l'abandon du grand barrage, acté par l'Etat fin 2015.

Selon Mme Lherm, ses participants, réunis mercredi pour un dernier point, devront arbitrer entre deux propositions.

Le premier schéma inclurait en plus d'un captage "un barrage en amont du Tescou, approximativement sur le site initial du barrage de Sivens, de 700.000 à 1 millions de m3", a-t-elle affirmé.

Dans le second schéma, "proposé par les environnementalistes", le barrage serait remplacé par une captation des eaux du Tarn amenées par 25 km de conduite en amont du Tescou.

"Nous ne sommes pas totalement opposés à une retenue si l'on ne peut pas faire autrement sans toucher la zone humide", mais sous condition de besoins réels, a relevé M. Forgeot.

Le projet initial de barrage de Sivens, qui devait permettre la réalisation d'un réserve d'eau de 1,5 millions de m3 sur une zone humide accueillant des espèces protégées avait suscité une levée de boucliers d'opposants, et la mise en place en 2013 de la ZAD de la Métairie neuve.

Le 26 octobre 2014, lors d'une manifestation sur cette ZAD, Rémi Fraisse, un jeune militant de 21 ans, avait succombé à l'explosion d'une grenade offensive tirée par un gendarme.

Quelques mois plus tard, en mars 2015, la ZAD était évacuée, avant l'abandon du projet. Les discussions se sont ensuite ouvertes au sein de l'ICC pour une solution alternative permettant notamment de répondre aux besoins en eau de l’agriculture locale.

Pour de nombreux militants écologistes et de gauche, la mort de Rémi Fraisse est devenue un symbole de la "violence d’État". Son nom est encore associé, jusque dans les manifestations de "gilets jaunes", au questionnement du maintien de l'ordre à la française.

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