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Blackstone acquiert une participation majoritaire dans Thomson Reuters Finance

Blackstone acquiert une participation majoritaire dans Thomson Reuters Finance
Le patron de Blackstone Stephen Schwarzman à Davos en Suisse, le 23 janvier 2018Fabrice COFFRINI

Blackstone va acquérir pour environ 17 milliards de dollars une participation majoritaire de 55% dans la division de données et terminaux financiers de Thomson Reuters, concurrente directe de Bloomberg, ont annoncé les intéressés mardi.

Le fonds d'investissement américain s'est également engagé à verser au moins 325 millions de dollars par an pendant 30 ans à l'agence d'informations Reuters, qui ne fait pas partie de la transaction, ont indiqué Blackstone et Thomson-Reuters dans des communiqués, confirmant les informations d'une source proche du dossier obtenues un peu plus tôt par l'AFP.

Reuters, une des agences de presse concurrentes de l'AFP, avait enregistré une perte opérationnelle d'environ 381 millions de dollars en 2016 pour un chiffre d'affaires de 377 millions, en hausse de 4%.

La transaction entre Blackstone et Thomson Reuters, qui devrait être terminée au second semestre, valorise l'activité financière à environ 20 milliards de dollars dette comprise.

Blackstone et le groupe américano-canadien, qui va garder environ 45% de l'activité concernée par la transaction, vont créer une nouvelle société, qui exclura le service d'informations Reuters et les activités de conseils juridiques et fiscaux, les deux autres entités de Thomson Reuters.

Dans son communiqué, ce dernier a indiqué qu'il comptait grâce à cette opération investir dans ses activités de conseils juridiques et fiscaux, diminuer son endettement et racheter des actions.

"L'annonce d'aujourd'hui (mardi) illustre la force de notre division de données et terminaux financiers et son futur potentiel. Nous pensons que cette unité sera encore plus forte avec Blackstone", a déclaré le patron de Thomson Reuters, Jim Smith, cité dans le communiqué.

Thomson-Reuters indique aussi que ses résultats annuels 2017, qui doivent être publiés le 8 février, devraient être "conformes voire supérieurs" à ses prévisions. Le groupe prévoit notamment une hausse de son chiffre d'affaires de 1%, situé entre 11,3 et 11,35 milliards de dollars.

Le bénéfice ajusté devrait quant à lui se situer entre 2,48 et 2,51 dollars par action.

Sur le seul dernier trimestre de l'exercice, le groupe prévoit un chiffre d'affaires entre 2,9 et 2,95 milliards (+3%) et un bénéfice ajusté entre 0,58 à 0,61 dollar par action.

La division finance (F&R) propose des terminaux financiers et de multiples services d'actualité financières, de données chiffrées ou de consensus d'analystes aux banques, traders et hedge funds, qui s'en servent pour déterminer des stratégies d'investissement notamment.

Elle a représenté plus de la moitié (6,1 milliards de dollars) des 11,2 milliards de dollars de revenus de Thomson Reuters en 2016. Sa plateforme de messagerie Eikon Messenger est également très utilisée dans les milieux d'affaires.

Ses principaux rivaux sont Bloomberg, Factset et Symphony Communications, une messagerie fondée par le Français David Gurlé et lancée par Google (Alphabet) et un groupe de grandes banques dont Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Société Générale.

Déterminé à contester l'hégémonie de Bloomberg dans les salles de marché, Thomson Reuters et Symphony avaient noué en juin dernier un partenariat pour partager des données et offrir une "alternative" aux grandes banques, qui demandent sans succès depuis plusieurs années à Bloomberg de baisser les prix de ses terminaux.

Bloomberg détenait 33,4% du marché des données financières en 2016, contre 23,1 % à Thomson Reuters, selon le cabinet Burton-Taylor, mais l'arrivée de Blackstone pourrait changer la donne car le fonds est un gros client des grandes banques et pourrait les encourager à utiliser davantage les services de Thomson Reuters.

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