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Brexit: les risques financiers concernent avant tout l'Europe, assure la BoE

Brexit: les risques financiers concernent avant tout l'Europe, assure la BoE
La Banque d'Angleterre (BoE), le 2 août 2018 à LondresDaniel LEAL-OLIVAS

La Banque d'Angleterre (BoE) a jugé que le système financier européen était moins préparé que le Royaume-Uni à un Brexit sans accord, alertant sur les risques de turbulences pour le secteur.

Le comité de politique financière de l'institution a souligné mardi que le Royaume-Uni avait pris les mesures nécessaires pour que les établissements financiers européens puissent continuer à fonctionner dans le pays et à vendre leurs services aux Britanniques - mais a martelé que la réciproque n'était pas vraie.

"Les responsables européens n'ont pas effectué d'action similaire", a-t-il assuré, obligeant les banques britanniques à transférer leurs clients européens vers leurs filiales sur le continent, ont critiqué, à demi-mot, les responsables de la BoE.

Seulement, "le processus de migration des activités, des actifs et des contrats sur une courte période pose également des risques opérationnels, susceptibles de perturber les services dans l'UE", a averti la BoE.

Londres constitue en effet de loin la principale place financière européenne. De nombreux établissements installés dans la capitale britannique ou ailleurs au Royaume-Uni approvisionnent depuis ces bases toute l'Europe en services financiers divers.

Mais les sociétés britanniques "ne sont pas encore en position d'offrir l'ensemble de leurs services financiers aux clients européens" dans l'hypothèse d'un Brexit abrupt et sans transition le 29 mars. Cela pourrait provoquer des turbulences financières "en l'absence de nouvelles actions de la part des responsables de l'UE", a prévenu la Banque d'Angleterre.

Sollicitée par l'AFP, la Banque centrale européenne (BCE) s'est refusée à tout commentaire.

Si les Européens seront les premiers pénalisés, selon la BoE, "il faut aussi s'attendre à ce que (les perturbations) se répercutent sur le Royaume-Uni d'une manière qui ne peut être totalement anticipée et compensée".

Depuis la dernière réunion du comité de politique financière en novembre, des progrès ont néanmoins été réalisés côté européen, a souligné la BoE, alors que l'Union européenne a récemment autorisé trois chambres de compensation britanniques à poursuivre leur activité sur le continent pendant douze mois en cas de Brexit sans accord.

Mardi, un memorandum sur l'échange d'informations et la coopération entre les régulateurs britanniques et européens en cas de sortie sans accord, relatif au secteur des assurances, a également été annoncé.

- Prêts en euros -

La Banque d'Angleterre a également insisté, une nouvelle fois, sur la solidité du système financier britannique, "préparé à un large éventail de risques, incluant un Brexit désordonné".

De plus, les banques britanniques pourront obtenir des liquidités en euros, et non plus seulement en livres ou en dollars, au moment du Brexit, si cela se révèle nécessaire pour leurs clients, a annoncé la BoE. De leur côté, les banques européennes auront la possibilité d'obtenir des livres britanniques. Ces opérations auront lieu chaque semaine, en lien avec la BCE.

La semaine dernière, la BoE avait déjà annoncé l'augmentation de la fréquence des prêts en livres, alors que les conditions de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ne sont pas encore fixées à moins d'un mois de l'échéance.

"La stabilité financière n'est pas la stabilité des marchés", a cependant averti la Banque d'Angleterre, anticipant une forte volatilité du prix des actifs, et du cours de la devise britannique.

Le Royaume-Uni doit se préparer à un risque de "réduction de l'appétit des investisseurs pour les actifs britanniques" en cas de sortie sans accord, a ajouté l'institution.

Plus largement, le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney a rappelé mardi devant le Comité des affaires économiques de la Chambre des Lords qu'un Brexit sans accord serait "un choc économique significatif" pour le pays, même s'il y a eu des "progrès" dans la préparation d'un tel scénario.

La Première ministre Theresa May a conclu un accord de sortie avec les dirigeants des 27 autres pays de l'UE sur les conditions du Brexit, mais les députés britanniques l'ont sèchement rejeté en janvier. Un nouveau vote est prévu d'ici au 12 mars à la Chambre des communes.

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