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Burberry s'encanaille à la Fashion Week de Londres

Mode

Burberry, trop sage? Le nouveau styliste du poids lourd de la mode britannique Riccardo Tisci a prouvé le contraire en dévoilant une collection audacieuse et bigarrée, mêlant streetwear, paillettes, corsets et manteaux surdimensionnés, dimanche lors de la Fashion Week de Londres.

Le designer italien, ex-Givenchy, a pris en mars 2018 la succession de Christopher Bailey, avec pour mission de donner un nouveau souffle à la vénérable maison fondée en 1856. En attendant de voir le changement se traduire dans les ventes, encore mitigées ces derniers mois, force est de constater qu'il opère déjà sur les podiums.

Baptisée "Tempête" (celle que souhaite provoquer Tisci chez Burberry?), la collection automne-hiver 2019-20 du couturier est présentée dans une galerie de la Tate Modern, le prestigieux musée d'art contemporain de la capitale britannique. Comme il est de coutume chez Burberry, les invités se comptent par centaines et les stars sont au rendez-vous, à commencer par l'Américaine Gigi Hadid.

La mannequin vedette défile vêtue d'une surprenante mini-robe monochrome à col polo, sur laquelle Tisci a juxtaposé un corset zippé à manches bouffantes. Déroutant pour les habitués de la marque, moins pour ceux qui ont vu le travail de l'Italien, un expert du streetwear de luxe, chez Givenchy.

La suite de la collection est à l'avenant: bombers pastel, vestes matelassées à cols XXL façon gilets de sauvetage, robes insolemment décolletées et bardées de médailles argentées, manteaux à traînes longues comme une robe de mariée... Après un premier défilé remarqué en septembre dernier, Tisci affirme son style chez Burberry.

"Pour la première collection, c'est un peu comme si j'avais commencé à écrire mes premières lettres, et que je m’attelais désormais à rédiger un livre en bonne et due forme", a-t-il confié à l'AFP.

Ceux que ces extravagances intimident pourront toujours trouver dans la garde-robe de quoi satisfaire leurs envies, Riccardo Tisci n'ayant pas oublié les classiques de la marque, trench-coat en tête, renouvelés, certes, mais sans trop de bouleversement.

- Victoria Beckham, esprit seventies -

L'Italien n'a pas été le seul à défiler dans un musée: plus tôt dans la journée, c'est sous les élégantes arcades de la Tate Britain, consacré à l'art britannique de 1500 à nos jours, que Victoria Beckham a présenté une collection d'inspiration retro.

Dans l'assistance, on aperçoit la tribu Beckham au grand complet, dont David Beckham, l'ancienne star du football anglais et époux de Victoria, assis à côté de la grande prêtresse de la mode, Anna Wintour, ses légendaires lunettes de soleil vissées sur le nez.

A la culture seventies, Victoria Beckham emprunte les fameux cols pelle à tarte, longs et effilés comme l'ustensile éponyme, portés avec des pulls jacquard près du corps et des jupes en tweed taille haute. Les pantalons, couleur tabac, amples et confortables, accompagnent des chemises à volants sophistiquées parcourues de quadrillages en pointillés.

La créatrice britannique a également trouvé dans ses "archives" un motif de chaînes entrelacées, dont elle pare de longues robes à chute évasée. La palette mêle esprit des années 70 (jaune absinthe, rouge carmin, déclinaisons de marron) aux couleurs du moment (lilas) et joue sur les contrastes (rose/noir ou blanc/bordeaux).

La spécialiste du chic et sobre, habituée des podiums new-yorkais, défilait pour la deuxième fois à Londres, après y avoir fêté l'an passé les dix ans de sa marque. "Le studio est basé ici, tout comme notre magasin phare, et j'avais envie de continuer à participer à la Fashion Week de Londres", a-t-elle expliqué dans The Guardian.

Après le show, des membres du mouvement "Extinction rebellion", partisan de la désobéissance civile non-violente, ont bloqué une partie de la circulation devant le musée pour alerter contre les dangers du changement climatique et interpeller les acteurs de la Fashion Week.

"Nous sommes dans une situation d'urgence écologique et nous avons besoin que tous les secteurs de la société disent la vérité à ce sujet, et cela inclut les secteurs culturels", a déclaré à l'AFP Clare Farrell, l'une des participantes de l'initiative, qui a rassemblé une vingtaine de personnes.

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