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Bure: les manifestations d'opposants interdites par arrêté préfectoral

Bure: les manifestations d'opposants interdites par arrêté préfectoral
Evacuation du bois Lejuc (Meuse) par les gendarmes, le 22 février 2018JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Les manifestations organisées ce week-end par les opposants au projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure ont été interdites par la préfecture de la Meuse.

La préfète Muriel Nguyen a considéré que les manifestations prévues dans les communes limitrophes du bois Lejuc, épicentre de la contestation, étaient "susceptibles d'entraîner des troubles graves à l'ordre public", selon l'arrêté publié jeudi soir.

"On est scandalisé. C'est un arrêté liberticide", a dit vendredi à l'AFP Juliette Geoffroy, porte-parole du Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs (Cedra), qui affirme que "le week-end est maintenu".

"Plus de 700 opposants sont attendus", s'est inquiétée la préfète dans l'arrêté, dont "un nombre important au profil extrêmement inquiétant", a-t-elle précisé à l'AFP. "Cette manifestation n'a pas été déclarée (...) et le parcours autorisé proposé par l'Etat a été rejeté", a regretté Mme Nguyen.

"Il existe un fort risque d'affrontements avec les forces de l'ordre stationnées aux abords du bois", étant donné "le caractère jusqu'au-boutiste de certains des opposants" et "le mot d'ordre visant à réinvestir" la zone, a-t-elle estimé.

Par conséquent, "toute manifestation est interdite" de vendredi à lundi dans les communes voisines du bois Lejuc, précise l'arrêté.

"Un dispositif évolutif, suffisant pour contenir un risque avéré de débordement et de violence" est prévu, selon Mme Nguyen qui n'a pas détaillé le nombre de gendarmes mobilisés.

Mercredi, les opposants au projet Cigéo d'enfouissement des déchets nucléaires avaient annoncé qu'ils maintenaient un rassemblement, prévu de longue date, les 3 et 4 mars, à l'occasion d'"une rencontre inter-comités de soutien et de lutte", malgré l'évacuation du bois une semaine plus tôt.

"S'il y a une tentative physique de réinfiltration du bois et de réoccupation par la construction d'un bâtiment, il y aura une réponse. Mais le dispositif ne viendra pas gêner un rassemblement pacifiste", a expliqué la préfète.

"Ils agitent le spectre de l'opposant violent. Ce qu'ils veulent, c'est empêcher une rencontre avec un dispositif inouï", a réagi Mme Geoffroy.

La "construction d'une vigie aux abords de la forêt" est programmée samedi après-midi. "Cet objectif est maintenu. Nous construirons, sur un terrain privé qu'on nous prête pour l'occasion. On ne nous empêchera pas de le faire", poursuit-elle.

Selon le programme du rassemblement samedi, un "départ collectif vers la forêt" est également prévu.

Les matinées du week-end seront consacrées à des tables rondes et des rencontres entre opposants à Mandres-en-Barrois, commune voisine du bois.

"Il y a une hypocrisie totale, car ils demandent plus de consultation et on nous empêche de nous réunir pour discuter", a réagi Sylvain, un autre opposant.

Le 22 février, l'évacuation d'une quinzaine d'occupants du bois Lejuc dès l'aube avait mobilisé 500 gendarmes. Des bulldozers avaient détruit les bivouacs et barricades érigées par les opposants depuis leur installation dans ce bois en août 2016.

Les associations d'opposants, qui devaient rencontrer le secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, en déplacement dans la Meuse au moment de l'évacuation, avaient alors boycotté la réunion.

Le site, vaste de 221 hectares, a été retenu par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pour l'installation des cheminées d'aération du projet Cigéo, qui vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français.

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