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Canal+ lance une offre à prix réduit pour les fans de séries

Canal+ lance une offre à prix réduit pour les fans de séries
Canal+ a dévoilé une nouvelle offre à prix réduit dédiée aux fans de séries, "Canal+Series",Martin BUREAU

Canal+ a dévoilé lundi une nouvelle offre à prix réduit pour les fans de séries, se voulant complémentaire de Netflix et Amazon, les géants américains du streaming qui bouleversent le paysage audiovisuel français.

Lancé dès mardi, ce nouveau service baptisé "Canal+Séries" inclura 150 séries et environ 5.000 épisodes, qui seront à 90% en exclusivité totale, a annoncé le groupe lors d'une conférence de presse.

Il s'agira de créations originales du groupe Canal+, dont "Engrenages", "Hippocrate", "Versailles", ou "Guyane", et prochainement la nouvelle série événement "Vernon Subutex", avec aussi des grandes séries internationales comme "Killing Eve", "L'Amie prodigieuse" ou "Gomorra", et enfin des séries cultes comme "24H Chrono", "Twin Peaks", "Buffy contre les vampires" ou "X-Files", via notamment des accords avec Showtime, FX et Warner.

Manque toutefois pour le moment "le Bureau des légendes", faute d'accord avec son producteur.

Cette offre sans engagement sera proposée à partir de 6,99 euros par mois pour un utilisateur, avec des paliers à 9,99 euros pour deux utilisateurs et 11,99 euros pour quatre. Canal+Series sera accessible via la plateforme Mycanal puis progressivement sur les box des opérateurs de télécoms.

- Multiplication des offres -

Le patron de Canal+ Maxime Saada a assuré qu'il ne s'agissait pas d'une réplique à Netflix ou Amazon, mais d'un service complémentaire.

"Ce n'est pas pour répondre à Netflix. C'est une offre complémentaire à celle qui est proposée par les acteurs américains et d'ailleurs il n'est pas exclu qu'un jour nous-mêmes soyons distributeurs de Netflix", a-t-il lancé, lors d'une conférence de presse.

La vraie réponse du groupe à Netflix, fait valoir Maxime Saada, c'est son "modèle généraliste" (mêlant sport, cinéma et séries) et sa plateforme en ligne Mycanal, dans laquelle le groupe investit "plus de 100 millions d'euros par an", et qui doit être déployée d'ici la fin de l'année dans tous les pays où le groupe opère.

En outre, Canal+ n'a pas attendu 2019 pour se transformer face aux nouveaux rivaux qui se multiplient (Netflix, Amazon, et demain Apple, Disney+, et Salto, la future plateforme de France Télévisions, TF1 et M6). La filiale de Vivendi a refondu sa gamme d'abonnements dès fin 2016, avec un tarif de base deux fois moins élevé (moins de 20 euros), des offres avec ou sans engagement, et elle a lancé en septembre dernier un abonnement à prix cassé (moins de 10 euros par mois) pour les moins de 26 ans.

Netflix, quant à lui, vient de dépasser les 5 millions d'abonnés en France, quatre ans et demi après son lancement dans l'Hexagone, et se rapproche ainsi un peu plus de Canal+, qui compte environ 8 millions d'abonnés dans l'Hexagone (toutes offres confondues).

- Clap de fin pour CanalPlay -

Parmi ses spécificités, Canal+Séries veut se différencier des géants américains du streaming avec un catalogue riche en créations françaises et européennes, et une animation assurée par des équipes d'experts (plutôt que basée sur des algorithmes). Et, face à l'offre pléthorique de Netflix, le groupe dit miser sur "la qualité" plutôt que la quantité.

Le groupe n'a communiqué aucun objectif pour ce nouveau service, tant en ce qui concerne le nombre d'abonnés espéré que la rentabilité visée.

Comme l'a confirmé le groupe à cette occasion, cette nouvelle offre va se substituer à CanalPlay, la plateforme moribonde de vidéo sur abonnement de Canal+, qui ne compte plus que quelques centaines de milliers d'abonnés. Ces derniers se verront proposer d'adhérer à Canal+Séries.

L'an dernier, Maxime Saada avait prévenu que CanalPlay était purement et simplement "terminé" et avait été "rayé de la carte", invoquant des entraves réglementaires trop lourdes imposées aux opérateurs français de télévision. Et, début janvier, il avait démenti vouloir relancer cette plateforme, préférant miser sur de nouveaux services.

La force de Canal+Series devrait, espère-t-il, être ce qui faisait défaut à CanalPlay : la capacité à proposer un catalogue de séries exclusives et en intégralité.

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