En ce moment
 
 

Centrales à charbon: EDF mise sur la biomasse pour échapper aux fermetures

Centrales à charbon: EDF mise sur la biomasse pour échapper aux fermetures
La centrale à charbon de Cordemais, le 21 mars 2019Sebastien SALOM-GOMIS

Le groupe d'électricité EDF a présenté jeudi son projet de reconversion à la biomasse de sa centrale à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique), développé pour lui permettre de fonctionner au-delà de 2022.

"L'idée est de remplacer le charbon de nos centrales par un combustible innovant et écologique, au bilan carbone neutre", issu de la biomasse peu valorisée, a déclaré Lionel Olivier, directeur des centrales thermiques du Havre (Seine-Maritime) et de Cordemais.

Ces deux centrales regroupent trois unités de production au charbon (une au Havre et deux à Cordemais), d'une puissance totale de 1.800 MW.

Pour réaliser cette reconversion énergétique, EDF planche depuis 2015 sur le projet "Ecocombust" qui prévoit l'utilisation de pellets, des granulés constitués pour un tiers de déchets issus de l'entretien des jardins et pour deux tiers de bois faiblement traité, selon le fournisseur.

En phase de test à la centrale de Cordemais, il va faire l'objet d'essais techniques, ainsi que d'études environnementales et économiques, avant un lancement industriel début 2022 s'il obtient les autorisations nécessaires.

La biomasse offrirait ainsi une porte de sortie aux centrales à charbon qui devaient initialement fermer d'ici à 2022, conformément à la promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

Elles représentent environ 1,5% de la production d'électricité française, selon EDF, mais elles génèrent d'importantes émissions de C02 et nécessitent d'importer du charbon.

Ce combustible pourra être utilisé dans les centrales à charbon du Havre et de Cordemais, avec une répartition 80% de biomasse et 20% de charbon, et dans d'autres installations thermiques, selon EDF.

Avec ce procédé, l'usine de Cordemais, principalement active l'hiver pour soutenir les pics de consommation "serait optimisée avec 800 heures de production par unité au lieu de 5.000 mais des rendements similaires, tout en polluant 20 à 25 fois moins", a avancé Éric Bret, directeur de la division thermique d'EDF.

EDF n'a toutefois donné aucun chiffre sur le coût de cette reconversion et ses conséquences sur l'emploi, invoquant des investissements de "plusieurs millions d'euros" qui doivent être "complétés par un soutien des pouvoirs publics" pour lancer cette filière.

Le gouvernement a annoncé qu'il déciderait à l'automne 2019 de l'avenir de ce projet.

Vos commentaires