Chahuté chez PSA, Le Maire "ira jusqu'au bout" des réformes économiques  

Chahuté chez PSA, Le Maire
Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, visitant l'usine PSA de Mulhouse (Haut-Rhin) le 23 février 2018SEBASTIEN BOZON

Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a été vivement interpellé par la CGT vendredi dans l'usine PSA de Mulhouse (Haut-Rhin) qu'il visitait, mais a assuré en réponse que le gouvernement irait "jusqu'au bout" de ses réformes, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une dizaine de représentants CGT de l'usine automobile ont pris à parti Bruno Le Maire, l'accusant de cautionner la "destruction d'emplois" par une entreprise "obèse de fric". "Comment se fait-il que cette entreprise continue à supprimer des emplois alors qu'elle gagne des milliards d'euros? On ne voit pas de retour. Pendant ce temps, on nous augmente de 19 euros! Que faites-vous pour nous?", ont-ils lancé au ministre.

"Vous êtes l'avocat de Carlos Tavarès (le président de PSA), vous êtes le copain des patrons", a critiqué Salah Keltoumi, délégué CGT chez PSA Mulhouse.

Bruno Le Maire a jugé "caricaturale" cette "vision qui coule la France depuis des années". Selon lui, elle ne traduit pas la position des salariés PSA "qui sont fiers de travailler dans cette entreprise" et saluent son "redressement après avoir failli mettre la clé sous la porte il y a cinq ans".

L'échange devenant de plus en plus vif, M. Le Maire a critiqué ses interlocuteurs comme "faisant partie de ces gens qui mènent le pays à la ruine". "Le peuple français compte plus que trois syndicalistes qui ne veulent pas discuter, c'est lui que nous écoutons", a dit M. Le Maire.

"Nous ne nous laisserons impressionner par personne. Nous avons reçu des Français le mandat de réaliser enfin la transformation du pays et nous irons jusqu'au bout de cette transformation", a répété M. Le Maire plus tard dans l'usine, dans son allocution aux dirigeants de PSA et aux élus locaux.

La CGT est le seul syndicat qui n'a pas signé l'accord de compétitivité "Nouvel élan pour la croissance" en 2016. Les autres syndicats, "représentant 80% des salariés, coconstruisent l'avenir de l'entreprise", a commenté sur place M. Tavarès, qualifiant les organisations signataires de "réformistes". "Seule la performance protège véritablement l'entreprise. Nos organisations syndicales signataires, réformistes, l'ont parfaitement compris", a-t-il déclaré.

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