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Chambres d'agriculture: la Coordination rurale se pose en "outsider" de la FNSEA

Chambres d'agriculture: la Coordination rurale se pose en
Bernard Lannes, le président de la Coordination rurale, le 12 février 2016, à l'Elysée. STEPHANE DE SAKUTIN

La Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, compte bien tailler des croupières à la FNSEA, syndicat majoritaire, lors des prochaines élections des chambres d'agriculture, en janvier, et se poser en "outsider", a indiqué mardi son président Bernard Lannes.

"Tous les clignotants sont au rouge dans les comptes d'exploitation des agriculteurs, l'agriculture va mal, et aujourd'hui, oui, on est l'outsider", a déclaré M. Lannes lors d'un point presse de rentrée à Paris.

Visiblement confiant, il a clamé sa volonté de "rééquilibrer le paysage syndical (...) La FNSEA est à 54%, nous sommes là pour avancer". Son organisation avait capté 21,12% des voix.

Au-delà de son score majoritaire obtenu lors du dernier scrutin de 2013, la FNSEA détient une écrasante majorité des chambres d'agriculture. Sur les 89 chambres départementales et interdépartementales, la Coordination rurale est aux commandes de quatre: Calvados, Lot-et-Garonne, Charente, et Puy-de-Dôme (avec la Confédération paysanne, dans ce département).

La Coordination rurale, qui souligne que certaines chambres lui avaient échappé de très peu lors du précédent scrutin, espère bien réaliser une percée.

Dans cette optique, M. Lannes estime que dans les chambres où il a la main, son syndicat a "réussi à convaincre les gens qu'il est possible de garder ces outils aux mains des agriculteurs tout en les gardant de proximité". Il souhaite lutter contre une régionalisation des chambres "à marche forcée".

En Nouvelle-Aquitaine, "entre un agriculteur de la Creuse et un agriculteur des Pyrénées-Atlantiques, il n'y a pas les mêmes agricultures et il est urgent de garder ces chambres d'agriculture au contact du terrain", fait valoir M. Lannes.

"Une chambre doit être au service des agriculteurs, nous ne sommes pas là pour en privilégier certains", fait par ailleurs valoir M. Lannes, suggérant en creux que le syndicat majoritaire ne peut pas en dire autant.

"Il est temps de reprendre ces outils en main, parce que c'est la chambre de tous les agriculteurs", a insisté M. Lannes.

Autre flèche lancée à la présidente de la FNSEA Christiane Lambert et à ses troupes, le contrat de solutions destiné à réduire l'usage des pesticides, mis au point notamment par la FNSEA, est pour M. Lannes "un contrat de soumission": "Aujourd'hui, quand on a dit pendant 20 ans aux agriculteurs +adaptez-vous, grossissez, parce que vous devez atteindre des tailles optimales pour pouvoir être pérenne+, on voit que sans prix rémunérateurs ils ne s'en sortent pas".

Il estime par ailleurs que des terres qui appartenaient aux paysans deviennent la propriété de certaines coopératives: "quand je dis certaines, ce sont les 15 qui font 75% du marché, qui pour moi sont des monstres que l'on doit reprendre en main, notamment via le HCCA (Haut commissariat de la coopération agricole, qui régule l'éthique, NDLR), dans lequel nous demandons à rentrer depuis plusieurs années", a expliqué M. Lannes.

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