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Consternés par la relance du conflit commercial, les marchés mondiaux voient rouge

Accablés par la reprise du conflit commercial sino-américain, relancé sans crier gare par Donald Trump, les indices boursiers dévissaient vendredi et les valeurs refuges, comme l'or ou la dette allemande, flambaient.

"Celui qui voudrait qualifier les mouvements sur les marchés ces dernières 24 heures serait en droit d'affirmer qu'il vient juste d'expérimenter le +coup du lapin+", a résumé Michael Hewson, un analyste de CMC Markets. "Les marchés européens ont coulé comme des pierres" ce matin et "les menaces de représailles de la Chine ont accentué le mouvement de baisse".

Sur des marchés à peine remis d'une réunion de la Réserve fédérale américaine, pas assez accommodante à leur goût, le président américain a mis le feu aux poudres en déclarant que son administration allait infliger, à compter du 1er septembre, des droits de douane supplémentaires de 10% sur les 300 milliards de dollars d'importations chinoises jusque-là épargnées.

Ces déclarations ont d'abord touché jeudi de plein fouet Wall Street, encore ouverte, avant de se propager vendredi à l'Asie, où Tokyo a notamment chuté de 2,1%, puis aux marchés européens.

La réplique chinoise ne s'est pas fait attendre, Pékin menaçant vendredi de prendre des mesures de représailles.

Alors que le rouge vif dominait déjà en Europe, la baisse s'est encore accentuée au cours de la matinée.

Vers 13H15 (11H15 GMT) la Bourse de Paris perdait 2,69%, celle de Londres 1,64% et celle de Francfort 2,33%.

En première ligne en matière de commerce international, les matières premières et l'automobile payaient le prix fort, à l'instar d'ArcelorMittal à Paris, Glencore à Londres, Peugeot et Renault en France ou BMW à Francfort. Les semi-conducteurs n'étaient pas non plus épargnés, comme STMicroelectronics sur le CAC 40 ou Infineon sur le Dax.

Et Wall Street semblait partie pour flancher de nouveau, puisque vers 13H30 les contrats à terme des grands indices américains, qui donnent une bonne indication de ce que sera la tendance à l'ouverture, étaient clairement dans le rouge aussi.

"Il n'est pas difficile de comprendre à quel point cette brusque escalade a pris les marchés de court", alors même qu'ils espéraient que "la reprise de négociations déboucherait a minima sur une courte période de cessez-le-feu", a ajouté M. Hewson.

"Il est difficile de comprendre ce que le président a à l'esprit, a-t-il analysé, étant donné que ces tarifs vont probablement surtout toucher sa base, puisque les produits concernés incluent des basiques de la consommation américains comme les jouets, l'habillement ou les appareils électroménagers".

- La dette allemande dans les abysses -

En tous cas, son geste pourrait plus affaiblir le dollar, ainsi qu'il le souhaite, selon l'expert.

Le billet vert a ainsi clairement perdu du terrain face à l'euro depuis jeudi soir. Vendredi à la mi-journée, la devise européenne grimpait à 1,1101 dollars contre 1,1085 à 21H00 GMT la veille.

"Les nouveaux droits de douane pourraient être un coup rendu à la Fed de la part de Donald Trump, qui estimait" que sa politique "n'était pas assez accommodante", et la pousser ainsi "à baisser davantage ses taux lors de la prochaine réunion", observait Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

La Banque centrale américaine a baissé ses taux d'un quart de point de pourcentage mercredi mais Donald Trump, qui avait réclamé une baisse "forte", avait rapidement réagi en faisant part de sa déception.

Les actifs considérés comme des refuges en cas d'agitation, à l'inverse, étaient largement privilégiés par des investisseurs anxieux.

Le yen s'est apprécié fortement, tout comme l'or, qui a touché un plus haut depuis 2013 à 1.450,30 dollar l'once.

Sur le marché obligataire, le taux d'emprunt à 10 ans des États-Unis s'installait largement en dessous des 2%, à 1,850% vers 13H15, au plus bas depuis novembre 2016.

En Europe, celui de l'Allemagne, le "Bund" qui sert de référence au marché, n'en finissait plus de s'enfoncer en territoire négatif, engrangeant à nouveau des records au-delà de -0,5%.

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