Dieselgate: Volkswagen suspend et remplace le patron d'Audi

Dieselgate: Volkswagen suspend et remplace le patron d'Audi
Bram Schot devrait diriger Audi, filiale de Volkswagen, à la place de Rupert Stadler placé en détention provisoire dans l'affaire des moteurs diesel truqués. Photo prise le 15 mars 2018CHRISTOF STACHE

Le conseil de surveillance de Volkswagen a décidé lundi de suspendre le patron de sa filiale Audi, incarcéré dans l'enquête sur le scandale des moteurs diesel truqués, pour le remplacer par le Néerlandais Bram Schot, selon l'agence allemande DPA.

Le conseil de surveillance d'Audi, présidé par le patron de Volkswagen, doit encore entériner la décision de sa maison mère d'ici la fin de la journée, a précisé l'un de ses porte-parole à l'AFP.

Rupert Stadler, aux manettes d'Audi depuis onze ans, a été placé en détention provisoire dans la matinée, après avoir été mis en cause fin mai pour "fraude" et complicité d'"émission de faux certificats" par le parquet de Munich.

Il s'agit de la première incarcération d'un très haut responsable dans l'enquête tentaculaire autour du "dieselgate" qui empoisonne l'automobile allemande depuis près de trois ans.

Le domicile de M. Stadler avait été perquisitionné fin mai, après des perquisitions en février, mars et avril de domiciles et lieux de travail de responsables d'Audi en Allemagne, dont le siège du constructeur à Ingoldstadt (Bavière).

Il a finalement été arrêté et écroué en raison d'un "risque de dissimulation de preuves", selon le parquet.

Plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des salariés de Volkswagen et ses marques Audi et Porsche, mais aussi de Daimler et de l'équipementier Bosch.

L'ancien patron de VW, Martin Winterkorn, et son successeur Martin Müller, mais aussi l'actuel chef du conseil de surveillance du groupe VW, Hans Dieter Pötsch, et l'actuel patron de VW, Herbert Diess, sont visés par des investigations.

Le scandale a éclaté en septembre 2015, après que l'agence américaine de l'environnement (EPA) eut accusé VW d'avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600.000 aux Etats-Unis, d'un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu'à 40 fois les normes autorisées.

Vos commentaires