Grèce: Moscovici ne veut pas d'un nouveau programme "déguisé"

Grèce: Moscovici ne veut pas d'un nouveau programme
Le commissaire européen Pierre Moscovici à Bruxelles, le 31 mai 2018Emmanuel DUNAND

Le commissaire européen Pierre Moscovici a appelé mardi les pays de la zone euro à ne pas imposer à la Grèce un nouveau programme d'aide "déguisé".

Ces déclarations interviennent à quelques jours de la réunion de l'Eurogroupe jeudi, qui doit conclure le troisième programme d'aide à la Grèce, composé de prêts internationaux assortis d'une stricte austérité.

"Je le dis avec force: il n'y aura pas de quatrième programme déguisé envers la Grèce", a affirmé le commissaire européen lors d'une conférence de presse à Paris, jugeant qu'il serait "indécent" d'imposer un dispositif "tatillon et intrusif" à Athènes de vérification de ses engagements après la fin du troisième programme.

M. Moscovici a certes reconnu que l'UE devait "s'assurer que les réformes sont mises en oeuvre en Grèce et que les politiques budgétaires continuent d'être saines", mais il a prôné une solution qui soit à mi-chemin "entre le trop peu et le trop", rappelant que "la Grèce a respecté sa part du contrat".

Le commissaire a une fois de plus plaidé pour "des mesures d'allègement crédibles de la dette grecque qui soient suffisamment fortes", estimant que les marchés doivent être rassurés.

M. Moscovici s'est déclaré "intimement persuadé" que l'Eurogroupe va conclure le troisième programme grec. "Il est invraisemblable que nous ne parvenions pas à cette conclusion", a-t-il assuré, rappelant le programme de réformes appliquées par le gouvernement grec.

"L'ignorer serait injuste et totalement indécent", a-t-il affirmé. "C'est une page qui doit se tourner pour le pays et pour toute la zone euro", a-t-il ajouté.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent donner leur accord à la sortie de la Grèce du programme d'aide lors de leur prochaine réunion jeudi à Luxembourg. La dette de la Grèce atteint 178% de son PIB.

La Grèce, qui a renoué avec la croissance en 2017, après neuf ans d'une profonde récession, doit définitivement quitter le 20 août la tutelle de ses créanciers.

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