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"Braquage de banque à l'ancienne" près de l'Arc de Triomphe, l'auteur arrêté

Un homme armé qui tentait d'attaquer vendredi matin une agence de la BNP près de l'Arc de Triomphe à Paris a été blessé par balle PHILIPPE HUGUEN
vol

"Il a l'air d'être le seul à ne pas savoir qu'il n'y a pas d'argent dans les banques en 2018": un jeune homme armé qui tentait de braquer une banque vendredi près de l'Arc de Triomphe à Paris a été blessé par balles par la police lors de son interpellation.

A peine 24 ans mais l'étoffe d'un braqueur "à l'ancienne": l'homme a attaqué à 9H00 l'agence BNP de l'avenue de la Grande Armée dans le VIIIe arrondissement.

A l'ouverture de l'agence, le braqueur a surgi et a demandé à voir le directeur, a détaillé la commissaire divisionnaire Muriel Sobry, chef du premier district de Paris lors d'un point presse devant la banque.

"D'emblée, il a sorti une arme de poing, a menacé [le directeur] et a immédiatement fait usage d'une bombe lacrymogène en lui demandant de se rendre dans la salle des coffres", a-t-elle ajouté.

Alors qu'une dizaine d'employés étaient présents mais qu'il n'y avait encore aucun client, profitant d'un moment d'inattention du braqueur, le directeur a donné l'alerte à 09H03.

"Des équipages (de policiers) en civil ont été envoyés immédiatement. La porte (de la banque) était restée ouverte, ils ont pu voir cet individu qui s'affairait au-dessus du comptoir", avant de les menacer de son arme et de les gazer, a raconté Muriel Sobry.

Après lui avoir demandé de lâcher son arme et d'arrêter de les tenir en joue, "les policiers ont fait feu à six reprises, le touchant à deux endroits (...) qui restent encore à être déterminés".

"Les policiers ont fait usage de leur arme à feu pour le maîtriser et l’interpeller, préservant ainsi l’intégrité des employés de la banque", a précisé la préfecture de police dans un communiqué.

L'homme "est en cours d'intervention chirurgicale, il devrait s'en tirer, son pronostic vital n'est pas engagé", a ajouté la commissaire. Il a été transporté à l'hôpital Georges Pompidou, selon une source policière.

Domicilié dans les Hauts-de-Seine, il est "très défavorablement connu des services de police notamment pour des faits similaires", a indiqué la préfecture.

- Arme "factice" ? -

Sur place en fin de matinée, à deux pas des Champs-Elysées, plus d'une vingtaine de policiers montaient la garde devant l'agence, et un périmètre de sécurité empêchait de s'approcher du bâtiment, gardé par trois véhicules de police, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le forcené était "extrêmement calme, il parlait posément", et "il semble que son arme de poing soit factice", a toutefois précisé Muriel Sobry.

Mais il paraissait "déterminé", menaçant même les employés "de leur coller une balle dans la tête", allant jusqu'à en "taper un avec la crosse de son arme (...) agacé de ne pouvoir obtenir satisfaction" et de ne pas parvenir à entrer dans la salle des coffres.

"C'est d'autant plus étonnant qu'il était extrêmement déterminé et qu'il a l'air d'être le seul à ne pas savoir qu'il n'y a pas d'argent dans les banques en 2018", a commenté la commissaire Sobry, qualifiant son acte de "braquage à l'ancienne".

"C'est pour ça peut-être qu'il voulait avoir accès à la salle des coffres. Sauf que les salles des coffres sont totalement sécurisées, verrouillées, et les employés ne sont pas en mesure d'ouvrir les coffres", selon elle.

Le 1er district de police judiciaire (1er DPJ) a été saisi de l'enquête.

Selon les chiffres de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), les attaques d'établissements bancaires ont plongé de 66% entre 2013 et 2016.

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