L'entreprise belge Jan De Nul citée dans un énorme scandale de corruption en Argentine

(Belga) L'entreprise belge de dragage Jan De Nul se retrouve pointée du doigt par les médias argentins dans un énorme scandale de corruption qui ébroue actuellement la république d'Amérique du Sud. Surnommée "les carnets de pots-de-vin", l'affaire renvoie à de présumés dessous-de-table versés par des entreprises de construction à des membres du gouvernement argentin en échange de contrats avantageux sous l'ère Kirchner.

À la base du scandale, il y a Oscar Centeno. L'homme, chauffeur de personnalités de haut rang des gouvernements successifs de Néstor puis Cristina Kirchner, compila 10 années durant les dates, destinataires, adresses et quantités d'argent de supposés pots-de-vin que l'ex-secrétaire du ministère de Planification Roberto Baratta convoya dans son véhicule. Les huit carnets atterrirent en janvier entre les mains d'un journaliste du quotidien argentin La Nación, qui les transmit en avril au juge Claudio Bonadio. Quatre mois plus tard, le magistrat a ordonné la mise en détention d'une vingtaine d'ex-fonctionnaires sous Kirchner et d'hommes d'affaires. Parmi ceux-ci, certains se sont finalement confiés à la justice, dont le patron de la société Emepa Gabriel Romero. Selon les quotidiens Clarín et La Nación, ce dernier a reconnu avoir payé 600.000 USD de pots-de-vin pour qu'un décret gouvernemental prolonge sans appel d'offre le contrat de Hidrovía S.A., détenue à parts égales par Emepa et le groupe belge Jan De Nul. Ce dernier a confirmé mercredi dans un communiqué que M. Romero et l'un des directeurs de Emepa avaient été entendus par la police et qu'une perquisition avait été menée à Buenos Aires dans les bureaux des deux hommes, qui n'occupent plus leur fonction dirigeante au sein d'Hidrovía. "Aucune arrestation ou citation à comparaître ne vise les employés de Jan De Nul", a affirmé l'entreprise. Signé en 2010 par Cristina Kirchner, alors à la tête du pays, le décret prévoyait en outre la perception par Hidrovía S.A. d'une taxe de passage pour tout navire empruntant son canal. Celui-ci s'étend sur la portion de la rivière Paraná qui relie la capitale du Paraguay à l'océan Atlantique. Environ 20% du transport international de marchandises passe par le río Paraná, souligne La Nación. (Belga)

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