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La Fed laisse les taux inchangés et promet d'être "patiente"

La Fed laisse les taux inchangés et promet d'être
Le président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, à Washington le 10 janvier 2019SAUL LOEB

La Banque centrale américaine (Fed) a laissé les taux d'intérêt inchangés mercredi et promis explicitement qu'elle serait "patiente" sur les futures hausses de taux, citant l'environnement économique mondial qui ralentit et l'inflation modeste.

Dans son communiqué, le Comité monétaire qui décrit l'activité économique américaine comme "solide" et non plus "forte", affirme qu'"au vu des développements économiques et financiers et des faibles tensions inflationnistes", il sera désormais "patient dans la détermination de ses futurs ajustements monétaires".

Les taux au jour le jour se situent actuellement entre 2,25% et 2,50%.

Le ralentissement de la croissance mondiale et le resserrement des conditions financières sur les marchés ont donc poussé le Comité monétaire (FOMC) à inscrire explicitement la promesse d'être patient, ce qui implique une pause dans les hausses de taux qui devrait rassurer les marchés.

Le communiqué ne fait pas mention des tensions commerciales alors que des négociations à haut risque se tiennent mercredi et jeudi avec une délégation chinoise pour tenter de débloquer une impasse qui a mené à une surenchère de tarifs douanier et qui commence à inquiéter les milieux industriels.

Il n'évoque pas non plus le +shutdown+ du gouvernement alors que le pays se remet lentement cette semaine de 35 jours de paralysie des administrations fédérales, qui ont miné le moral des consommateurs et obscurci la visibilité économique.

L'année dernière la Fed avait relevé les taux quatre fois et en décembre, les membres du Comité envisageaient encore deux hausses d'un quart de point de pourcentage pour 2019.

Mercredi, le Comité n'a pas publié de nouvelles prévisions mais Jerome Powell le président s’apprêtait à donner une conférence de presse.

Autre point sensible, la Banque centrale se dit "prête" à "ajuster" le rythme de normalisation de son bilan. Ces actifs (plus de 4.000 milliards de dollars en bons du Trésor et obligations hypothécaires) sont jusqu'ici réduits, en cessant les réinvestissements dans les titres arrivant à maturité, au rythme de 50 milliards de dollars par mois.

Mais cette démarche semble avoir un impact à la hausse sur les taux, une incidence qui a rendu les marchés nerveux.

Jerome Powell et son comité ont donc nettement adopté une posture de "colombe", c'est-à-dire plus accommodante alors que l'inflation ne donne guère de signe d'accélération, malgré un marché de l'emploi très dynamique.

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