Permettre une "solution française" pour Doux (PDG de LDC)

Permettre une
Le président de LDC-France Denis Lambert pose avec le PDG du groupe, Gilles Huttepain à Loué le 30 mars 2018 JEAN-FRANCOIS MONIER
alimentation

Le PDG du groupe LDC (Poulets de Loué), qui vient de déposer une offre de reprise du volailler Doux, s'est félicité vendredi de permettre ainsi de "garder une solution française" pour le groupe breton.

"C'est une offre qui permet de garder une solution française", s'est félicité Denis Lambert devant un groupe de journalistes à Loué, à l'issue d'une visite sur place du ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert.

Préserver une solution française, "c'est dans nos habitudes et ça fonctionne", a poursuivi le PDG en référence à d'autres sites français acquis par son groupe ces dernières années. "On a une certaine habitude de ce qu'il faut faire. C'est pourquoi nous pensons que ce projet (Doux, ndlr) est réaliste".

Prié de dire s'il était confiant dans la décision du tribunal de commerce qui devra choisir entre l'offre de LDC, en alliance avec le groupe saoudien Al-Munajem, premier client de Doux, et la coopérative Terrena, son actuel propriétaire, et l'offre concurrente de l'Ukrainien MHP, M. Lambert a répondu: "On sera confiant après. On a parfois quelques surprises (au tribunal de commerce). Tant que ce n'est pas signé, ce n'est pas acquis".

Ces offres seront examinées début avril par le tribunal de commerce de Rennes, après le placement du groupe Doux en liquidation judiciaire mercredi prochain. La décision du tribunal concernant l'offre retenue devrait, quant à elle, être connue sans doute "début mai", a estimé M. Lambert.

Le groupe LDC se propose de reprendre chez Doux le site de produits élaborés de Quimper et l'ensemble de ses 168 salariés, ainsi que le site industriel de Châteaulin et 111 de ses salariés, avec la construction d'un nouvel outil d'abattage-découpe consacré au marché de la PAI (Produits alimentaires industriels) qui entrera en service dans deux ans et devrait employer environ 250 salariés à l'horizon 2020.

"Passer du poulet export au poulet un peu plus lourd va nécessairement demander des investissements aux éleveurs", a-t-il cependant reconnu.

"Le plus important, c'est le consommateur, depuis 40 ans, LDC travaille pour le consommateur", a affirmé M. Lambert. "Le poulet est la seule viande dont la consommation continue à progresser dans le monde", a-t-il rappelé, soulignant qu'en France, "la restauration collective et les industriels" étaient des marchés offrant des marges de développement, d'autant plus que "les consommateurs sont rassurés" par des produits dont ils connaissent l'origine.

Interrogé sur les offres de reprise de Doux, le ministre de l'Agriculture a affirmé "ne pas les connaître dans le détail". "Nous souhaitons soutenir un projet crédible pour la filière et pour le territoire", a-t-il dit.

Le choix qui sera fait par le tribunal de commerce, a fait valoir M. Travert, "devra sauver un maximum d'emplois et faire que cette filière devienne pérenne sur le territoire". Après cette décision, "l'Etat prendra ensuite totalement ses responsabilités".

Arrivé en début d'après-midi pour une visite prévue de longue date au groupe LDC, le ministre de l'Agriculture a visité notamment une usine de conditionnement d'oeufs et un élevage de poulets fermiers de Loué.

M. Travert s'est félicité du développement de LDC, "une entreprise familiale qui est un exemple qui tire vers le haut un territoire tout entier" et dont "nous avons à apprendre", a-t-il ajouté.

Vos commentaires