Le réacteur EPR de Taishan connecté au réseau, une première mondiale

Le réacteur EPR de Taishan connecté au réseau, une première mondiale
Fiche de présentation de l'EPRGillian HANDYSIDE

Un réacteur nucléaire EPR a été raccordé avec succès au réseau électrique en Chine vendredi, une première pour cette technologie française, ont annoncé le français EDF et le chinois CGN.

EDF est actionnaire à hauteur de 30% de la co-entreprise chargée de construire et d'exploiter le réacteur. Les groupes chinois CGN et Yuedian sont actionnaires respectivement à hauteur de 51% et de 19%.

Dans un communiqué conjoint avec CGN, EDF précise que "les essais sur l'alternateur et les tests de connexion au réseau ont été finalisés avec succès", après une série de tests entamée au début du mois dans la centrale nucléaire de Taishan, ville côtière du sud de la Chine.

La construction du réacteur avait commencé en 2009. Il s'agit du troisième réacteur EPR mis en chantier dans le monde.

La date de démarrage de ce réacteur avait été repoussée à plusieurs reprises, mais il est finalement le premier à être raccordé au réseau.

Des EPR sont également en construction en France (à Flamanville, dans la Manche), en Finlande et au Royaume-Uni. Mais les chantiers ont connu d'importants problèmes, avec une accumulation de retards et de surcoûts.

Le tout premier chantier avait été lancé à Olkiluoto (Finlande) en 2005, pour le compte de l'électricien TVO, avec Areva et Siemens directement maîtres d'œuvre. Mais la mise en service est désormais prévue en mai 2019, avec dix ans de retard.

Le deuxième est celui de Flamanville, pour lequel EDF vient encore d'annoncer fin mai envisager "quelques mois" de retard supplémentaires. Mais le calendrier et la facture pourraient encore souffrir de défauts de soudures sur des tuyauteries, révélés en avril.

L'EPR a aussi été retenu pour un projet de deux réacteurs à Hinkley Point en Angleterre, avec la mise en service d'un premier exemplaire en 2025 au mieux. Mais, là encore, EDF craint des retards et des surcoûts.

La mise en service de Taishan apparaît comme une bonne nouvelle très attendue pour le fleuron tricolore, qu'EDF espère exporter auprès de nouveaux clients.

Le réacteur Taishan "apporte aux réacteurs de même technologie dans le monde une expérience précieuse en matière de gestion de projet et de maîtrise technologique", affirme le groupe.

L'Inde envisage notamment de construire six réacteurs de cette technologie et le groupe français espère aussi pouvoir vendre des EPR à l'Arabie Saoudite. EDF s'est aussi dit cette semaine "optimiste" sur sa capacité à vendre de nouveaux EPR à la Chine, bien que le pays soit en train de développer sa propre technologie.

Conçu pour fonctionner pendant 60 ans, l'EPR se fonde sur la technologie des réacteurs à eau sous pression, la plus utilisée dans le monde.

Il offre une puissance très élevée (1.600 mégawatts) et bénéficie d'une multiplication des systèmes de sauvegarde censée le rendre plus sûr.

Le réacteur va désormais "entrer dans une période d'essais de montée en puissance progressive", a affirmé EDF, et le réacteur sera ensuite "testé en opération stable à pleine puissance".

La mise en service commerciale à proprement parler est prévue d'ici la fin de l'année, selon CGN.

A Taishan, un autre EPR doit également être mis en service courant 2019.

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