Mondial, grèves, canicule: les parcs de loisirs n'ont pas tous été à la fête cet été

Mondial, grèves, canicule: les parcs de loisirs n'ont pas tous été à la fête cet été
le Pavillon du Futuroscope au parc du Futuroscope, à Chasseneuil-du-Poitou, le 10 décembre 2016GUILLAUME SOUVANT

Les grèves SNCF, mais aussi la Coupe du monde et la canicule ont perturbé la saison des parcs d'attraction en France, faisant fluctuer la fréquentation, même si certains sites ont réussi à tirer leur épingle du jeu.

"Juillet et août sont bons, mais ils auraient pu être meilleurs", résume à l'AFP François Fassier, directeur des parcs de loisirs (Astérix, Walibi, Futuroscope, Grévin) de la Compagnie des Alpes.

"Cela a été variable d'un parc à l'autre, mais le Futuroscope et le Parc Astérix ont été touchés par la grève SNCF qui a duré très longtemps, on a eu pas mal d'annulations de groupes". Et pendant le Mondial de football, "l'environnement a été léthargique, de la demi-finale à pratiquement une semaine après le titre. Ensuite on a entamé la canicule", détaille-t-il.

Le Parc Astérix a cependant atteint son deux-millionième visiteur fin août - alors que l'an dernier ce cap avait été franchi fin septembre - ce qui lui permettra de réaliser un "record historique" cette saison. "Nous sommes en croissance, mais cela aurait pu être encore mieux", souligne M. Fassier.

La fréquentation du Futuroscope de Poitiers s'est en revanche repliée d'environ 5%. Outre l'impact lié au Mondial, à la canicule et aux grèves, le responsable de la Compagnie des Alpes met en avant la base de comparaison "très élevée" en 2017, année de célébration des 30 ans du parc et de l'inauguration d'une attraction majeure.

Il évoque également "une relative désaffection du littoral pendant l'été, constatée par l'ensemble des acteurs du tourisme du grand-ouest".

Premier parc - et de très loin - en termes de fréquentation, Disneyland Paris ne communique plus son nombre de visiteurs depuis 2015, année où il en avait comptabilisé 14,8 millions. Sans donner plus de détails sur 2018, il indique à l'AFP que les célébrations de son 25e anniversaire "ont connu un franc succès" et que la saison dédiée à l'univers Marvel a aussi été "lancée avec succès".

Le Puy du Fou devrait pour sa part réaliser une année record, avec 2,3 millions de visiteurs d'ici à la fin de la saison en novembre.

- "clientèle de plus en plus volatile" -

"La canicule n'a pas vraiment perturbé notre fréquentation car nous avons beaucoup d'activités couvertes et climatisées. Et la grève SNCF a eu un léger impact au printemps sur certaines dates où nous avions des trains spéciaux. Mais nous n'avons pas connu d'impact majeur", commente Nicolas de Villiers, président du site vendéen.

"Cela ne sera pas une grande année pour les parcs, à l'exception des sites franciliens comme Disneyland Paris qui ont bénéficié du flux de touristes étrangers", souligne Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme.

L'expert indique que la saison a été "compliquée, avec un mauvais mois de juillet où la fréquentation a baissé d'environ 8% sur l'ensemble des parcs, hors Disneyland". Et il évoque aussi un été "atypique, avec une clientèle de plus en plus volatile et de moins en moins prévisible".

Autre élément qui n'a pas joué en faveur des parcs, le fait que "plus de Français ont décidé cet été de partir à l'étranger, au détriment d'un séjour en France", détaille M. Arino.

"La saison n'est pas mauvaise", relève Sophie Huberson, déléguée générale du syndicat des espaces de loisirs, d'attractions et culturels (Snelac), tout en reconnaissant que les fortes chaleurs ont généré "une baisse de la fréquentation dans les parcs d'attraction et les parcs animaliers".

"Un aléa météo peut se traduire par un simple report de la visite, mais quand la canicule se prolonge, il y a abandon de la visite", indique-t-elle.

Le Jardin d'Acclimatation de Paris semble, lui, avoir profité de la surchauffe: tout juste rénové, il a rouvert au public le 1er juin ses 40 attractions immergées dans la nature, et indique avoir attiré 250.000 personnes en juillet comme en août, des chiffres "en-dessus de 2017 et des prévisions".

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