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Revenus agricoles, PAC: les chantiers du nouveau ministre de l'Agriculture

Revenus agricoles, PAC: les chantiers du nouveau ministre de l'Agriculture
Didier Guillaume, nouveau ministre de l'Agriculture, lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur Stéphane Travert, à Paris le 16 octobre 2018Geoffroy VAN DER HASSELT
alimentation

Didier Guillaume, nouveau ministre de l'Agriculture, hérite d'un budget en baisse de 10% en 2019 et va devoir s'atteler aux nombreux chantiers inachevés laissés par son prédécesseur Stéphane Travert, tels que les revenus des agriculteurs ou la nouvelle PAC.

- Revenus agricoles et négociations commerciales -

Les négociations commerciales annuelles entre distributeurs et fournisseurs de l'alimentation qui viennent de démarrer et dureront jusqu'à fin février, s'annoncent compliquées, la loi alimentation récemment adoptée suscitant des tensions entre professionnels.

Cette loi doit en particulier permettre aux agriculteurs d'être mieux rémunérés.

Le gouvernement a assuré qu'il prendrait d'ici fin novembre les ordonnances promises portant sur le relèvement de 10% du seuil de vente à perte (SRP) et l'encadrement des promotions, mesures que certains distributeurs cherchent déjà à contourner.

La mesure clé de construction des indicateurs de prix, cruciale pour les revenus des agriculteurs, est par ailleurs jugée décevante par les intéressés.

Les interprofessions (producteurs, distributeurs, industriels) doivent s'organiser pour définir la construction des prix prenant en compte les coûts de production. Mais en cas de désaccord, ce ne sera pas l'indicateur calculé par l'Observatoire des prix et des marges qui s'appliquera, contrairement au souhait des producteurs, les agriculteurs en particulier.

- Plans filières -

"Deuxième brique", de la politique de l'alimentation voulue par le gouvernement, les acteurs économiques doivent se mobiliser collectivement autour de plans de développement et de transformation, pour permettre une montée en gamme et une réduction des produits phytosanitaires.

Les plan de filières prévoient ainsi une hausse de la production de produits issus de l'agriculture biologique ou tenant compte de la préservation de l'environnement, des indications sur la provenance, la réduction des emballages plastiques et des mesures en faveur du bien-être animal.

Le versement du grand plan d'investissement de 5 milliards d'euros pour l'agriculture dépendra de la réussite de ces plans, a insisté le gouvernement auprès des interprofessions.

- Négociations de la future PAC -

La politique agricole commune (PAC) réformée qui doit entrer en application en 2021 va coïncider avec le débat sur un nouveau cadre pluriannuel financier (2021-2027), pour lequel la Commission européenne a proposé une baisse de 5% du budget, justifiée par la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne.

Cette perspective préoccupe la France, l'un des grands bénéficiaires avec l'Espagne de la politique agricole, qui a pris la tête d'un groupe de 20 ministres européens opposés au projet.

- Lutte contre la fièvre porcine africaine -

Après la découverte en Belgique de cas de peste porcine africaine sur des sangliers, le gouvernement comme les éleveurs se sont mis en ordre de marche pour que la maladie n'atteigne pas la France.

L'arrivée de l'épizootie dans l'Hexagone pourrait coûter 700 millions d'euros à la filière selon des chiffres de l'interprofession Inaporc, cités par Le Figaro.

- Glyphosate -

Engagement présidentiel, la sortie du glyphosate d'ici 2021 n'a pas été gravée dans la loi malgré des amendements portés par une partie des "marcheurs" lors des débats à l'Assemblée, et le soutien de Nicolas Hulot, alors ministre de l’Écologie.

Une mission parlementaire a été lancée fin septembre "sur le suivi de la stratégie de sortie" de l'herbicide controversé.

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