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Ryder Cup: l'Europe, le sursaut bienvenu

Ryder Cup: l'Europe, le sursaut bienvenu
L'Anglais Ian Poulter lors de la première journée de la Ryder Cup à Saint-Quentin-en-Yvelines le 28 septembre 2018FRANCK FIFE

Un sursaut impérial. Mal partie vendredi matin, l'Europe a totalement inversé la tendance l'après-midi pour finalement virer en tête devant les Etats-Unis (5 à 3) à l'issue d'une première journée de Ryder Cup où Tiger Woods n'a guère brillé.

Cette compétition est décidément à part. Les scénarios changent si vite, les rebondissements sont si inattendus, tout comme les héros de fin de journée... Qui aurait misé sur un 4-0 infligé par les Européens lors des quatre doubles du vendredi après-midi après avoir frôlé le même score en leur défaveur le matin? Qui aurait misé sur un Sergio Garcia en superstar aux côtés d'Alex Noren alors que l'Espagnol a traversé cette saison comme une ombre?

C'est bien la magie de la Ryder Cup, la seule pouvant faire vivre autant d'émotions en une journée. Il suffit de regarder celle de Rory McIlroy: totalement aphone le matin, laissant le pauvre rookie Thorbjorn Olesen batailler dans le vide face au N.1 mondial, Dustin Johnson, et Rickie Fowler, le Nord-Irlandais, associé à Ian Poulter l'après-midi, a totalement changé de visage pour effacer la paire Watson-Simpson. Une métamorphose qui n'est sans doute pas étrangère à la présence à ses côtés de Ian Poulter, alias +Mr Ryder+.

- Mr Ryder au rendez-vous -

Fidèle à sa légende, le blondinet anglais au physique de M. Tout le monde, mais aux coups magiques et à l'attitude de pit-bulll, a encore une fois fait du Poulter. Haranguant la foule, il a notamment orné sa partie d'un chip splendide rentré au 13, déclenchant les "Hourra" de la foule. Le genre de coup qui avait manqué quelques heures plus tôt, côté européen, malgré quelques saillies de Justin Rose (chip rentré au 12), ou Tommy Fleetwood...

Car les Européens n'ont pas fait le poids lors des quatre doubles du matin. La paire Casey-Hatton a bien failli créer la surprise face à Spieth-Thomas, mais elle a craqué sur la fin, tout comme le duo Rose-Rahm après avoir pourtant mené presque tout le long.

Dans ce match, une spectatrice a subi la maladresse au drive de leur adversaire Brooks Koepka. Une balle dans le visage, du sang, un moment très désagréable pour cette femme, mais aussi pour le double vainqueur de l'US Open et l'USPGA. "J'étais vraiment mal", a-t-il admis.

Seule la paire Fleetwood-Molinari, impériale toute la journée avec deux victoires dans la musette, dont une le matin face à Tiger Woods associé à Patrick Reed, a permis à l'Europe de ne pas finir fanny après les quatre premiers doubles.

Reste le mystère Tiger Woods qui, décidément, ne réussit pas en Ryder Cup aussi bien qu'ailleurs. Suivi par une foule impressionnante, il n'a pas trouvé le feu sacré et a semblé émoussé en fin de partie, finissant dans l'eau du 16.

Le Tigre n'a pas rejoué l'après-midi, mais il aura droit à sa revanche: le capitaine US, Jim Furyk, a décidé de l'aligner encore avec Reed samedi matin. Et comme le hasard fait bien les choses, les deux se retrouveront face à leurs bourreaux du vendredi, Fleetwood-Molinari.

- Déferlante -

En tout cas, pour l'Europe, le script de ce début de journée n'annonçait en rien ce qui allait suivre. Une déferlante. Une vague qui a laissé les Américains scotchés sur place. Aucune partie de l'après-midi n'a vraiment été accrochée. Seuls Justin Rose et Henrik Stenson ont laissé un tantinet de suspense avant de conclure au 16 face à Johnson-Fowler.

Le capitaine européen Thomas Bjorn a notamment eu du nez en alignant le très expérimenté Sergio Garcia aux côtés du débutant Alex Noren. Leur match face à Mickelson-DeChambeau? Une mise à mort conclue 5 trous avant le 18.

"C'était un peu le grand huit pour être honnête. On était déçus après la matinée. Mais quel après-midi!", a réagi le Danois.

"C'est quand même quelque chose de particulier. Mais bon, on savoure une heure, puis on repense vite à demain", a-t-il ajouté.

Son homologue amércain a tenté de dédramatiser cette claque: "Pour l'instant, nous avons deux points de retard, il en reste 20 a distribuer. Nous avons tout le temps pour revenir dans le match".

Cela faisait 29 ans que l'Europe navait pas infligé un 4-0 aux Etats-Unis lors d'une Ryder Cup. C'était sur le parcours du Belfry, près de Sutton Coldfield en Angleterre. Les deux équipes avaient à l'époque terminé à égalité... Pas forcément le résultat dont rêvent les Européens après cet après-midi si réussi.

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