En ce moment
 

Suicides à France Telecom: le procès prévu au printemps à Paris

Suicides à France Telecom: le procès prévu au printemps à Paris
Le logo d'Orange.ERIC PIERMONT

Orange (ex-France Telecom), son ancien PDG Didier Lombard et six autres cadres et dirigeants seront jugés à partir du mois de mai dans l'affaire de la vague de suicides devenue le symbole de la souffrance au travail, a appris mercredi l'AFP de sources concordantes.

Le procès devrait se tenir du 6 mai au 2 juillet 2019 au tribunal de Paris, devant la 31e chambre correctionnelle, spécialisée notamment dans les affaires relatives au travail et à la santé, selon ces sources.

Le 12 juin, la juge d'instruction avait renvoyé sur le banc des prévenus Orange, Didier Lombard et deux autres anciens dirigeants Louis-Pierre Wenes, ex-numéro 2, et Olivier Barberot, ex-responsable des ressources humaines pour qu'ils soient jugés pour "harcèlement moral". A leur côté, quatre cadres devront répondre de "complicité de harcèlement moral".

Une audience de procédure se tiendra le 6 décembre pour fixer définitivement le calendrier de ce procès où sont attendues de nombreuses parties civiles. Pour la première fois, la justice aura à trancher une affaire de harcèlement moral d'une telle ampleur au sein d'une entreprise de cette taille, près de 10 ans après le début des actions judiciaires.

Le fleuron des télécoms français et son ancien n°1 sont notamment poursuivis pour avoir mis en place une "politique d'entreprise visant à déstabiliser les salariés et agents et à créer un climat anxiogène", selon l'ordonnance de la juge d'instruction. En cause, des pratiques répétées telles que des "incitations répétées au départ", des mobilités "forcées", des missions "dévalorisantes", ou encore des "manœuvres d'intimidation".

Frappée par une épidémie de suicides en 2008 et 2009, France Telecom a été la première entreprise du CAC 40 à être mise en examen pour harcèlement moral.

La procédure judiciaire avait retenu le cas de trente-neuf salariés: dix-neuf se sont suicidés, douze ont tenté de le faire, et huit ont subi un épisode de dépression ou un arrêt de travail. Mais plusieurs des cadres poursuivis pour "complicité" contestent avoir eu avec certaines victimes un lien hiérarchique susceptible d'engager leur responsabilité.

"Nous entendons profiter de ces 2 mois pour faire reconnaître la responsabilité de l’employeur dans les drames survenus de 2007 à 2010", a réagi dans un communiqué le syndicat Sud-PTT, le premier à avoir déposé plainte en septembre 2009.

Engagé dans le délicat virage de la privatisation et des nouvelles technologies, le groupe voulait supprimer 22.000 postes entre 2006 et 2008 et procéder à 10.000 changements de métier, dans le cadre d'un plan de réorganisation baptisé NEXT.

Au cours de l'enquête, l'entreprise et plusieurs cadres et dirigeants ont nié l'existence d'objectifs de réduction d'effectifs, avançant de simples "estimations" tandis que d'autres ont présenté la restructuration comme une opération de sauvetage.

Vos commentaires