Tanzanie: une femme à la tête d'un nouveau ministère des Investissements

Tanzanie: une femme à la tête d'un nouveau ministère des Investissements
Le président de Tanzanie John Magufuli le 31 octobre 2016 SIMON MAINA

Le président tanzanien John Magufuli vient de créer un nouveau ministère des Investissements à la tête duquel il a nommé mardi une femme juriste, afin de redynamiser un secteur en perte de vitesse sous sa présidence.

Angellah Kairuki, qui a fait ses études supérieures en Grande-Bretagne, était depuis 2017 ministre des Mines, le secteur qui intéresse le plus les investisseurs étrangers en Tanzanie.

"Le président Magufuli vient de nommer une ministre chargé des Investissements dans l'objectif d'accroître les investissements et de renforcer la supervision" de ce secteur, indique un communiqué de la présidence en swahili publié mardi.

La création de ce ministère intervient dans un contexte de tensions voire de crise entre le gouvernement tanzanien et certains grands opérateurs économiques étrangers, notamment dans le secteur minier.

Certes la croissance économique de la Tanzanie reste une des plus fortes du continent – 5,8% en 2018 et une prévision de 6% pour 2019, selon le FMI. Mais les investissements étrangers directs ont diminué de 14% entre 2016 et 2017, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Une chute qui s'explique, selon la Cnuced, par le changement de politique en matière de taxation et de royalties dans le secteur minier.

Les investisseurs étrangers sont échaudés par le contentieux fiscal qui oppose le gouvernement Magufuli à des compagnies minières comme Acacia Mining. Le président tanzanien accuse Acacia Mining d'avoir sous-évalué sa production d'or pendant des années, s'exonérant ainsi de payer des milliards de dollars de redevances et impôts.

Les accusations tanzaniennes avaient obligé le géant canadien Barrick Gold, principal propriétaire d’Acacia Mining, à demander des négociations avec le gouvernement. Un accord global a été conclu en 2017, dont les clauses n'ont cependant pas encore exécutées.

Outre le bras de fer engagé par le président tanzanien avec des groupes miniers, son mandat est marqué par une nette dégradation de la situation des droits de l'homme qui a conduit plusieurs importants bailleurs de fonds et donateurs à suspendre ou geler leur aide.

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