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Taxes américaines: l'UE s'attend à une exemption in extremis

Taxes américaines: l'UE s'attend à une exemption in extremis
La commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmstrom lors d'un débat au Parlement européen le 14 mars 2018 sur les tarifs douaniers que Washington veut imposer aux imporations d'acier et d'aluminiFREDERICK FLORIN

Les dirigeants européens, réunis jeudi en sommet, s'attendent à une exemption in extremis de l'UE des taxes très décriées de Donald Trump sur l'acier et l'aluminium, qui éloignerait le spectre d'une guerre commerciale entre les deux blocs.

De retour d'une visite de deux jours à Washington, où elle a plaidé la cause européenne, la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström a affirmé jeudi que le président américain allait faire dans la journée "une annonce sur de possibles exemptions" sur ces taxes, qui doivent entrer en vigueur vendredi.

"Nous nous attendons à être sur cette liste, nous n'en sommes pas sûrs", a-t-elle expliqué lors d'une audition devant des députés européens.

La Suédoise a ajouté s'attendre à ce que le secrétaire au Commerce américain Wilbur Ross "recommande" au président américain que l'UE "dans son ensemble soit exclue". Mais "en fin de compte, c'est le président (Trump) qui décide", a-t-elle insisté.

Si les attentes européennes étaient confirmées, le risque d'un conflit commercial se déplacerait un peu plus vers la Chine, Donald Trump devantdévoiler jeudi des sanctions contre Pékin dans le domaine de la propriété intellectuelle.

Le président du Conseil européen Donald Tusk s'était dit mercredi soir "prudemment optimiste" quant à une résolution du conflit avec Washington sur l'acier et l'aluminium, faisant preuve d'une mesure à la hauteur de l'imprévisibilité de la Maison Blanche.

Mais selon une source européenne, Mme Malmström aurait bien obtenu une exemption totale et pour l'ensemble de l'UE sur ces taxes.

"C'est une exemption à titre provisoire", a affirmé une deuxième source européenne, ajoutant qu'elle serait sans doute soumise "à des conditions".

Seuls le Canada et le Mexique sont pour l'instant exclus des droits de douane de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium, annoncées le 8 mars.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE aborderont la question dès le début de leur réunion jeudi après-midi à Bruxelles.

- TTIP -

"Je crois que nous avons réellement une chance d'éviter cette entrée en vigueur, si les Etats-Unis et l'Allemagne sont disposés à reconnaître ensemble ce qui est important", a affirmé jeudi matin le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier, qui s'est lui aussi rendu à Washington en début de semaine.

"Cela vaut la peine de se battre jusqu'à la dernière minute" au vu des enjeux en termes d'emploi, a-t-il ajouté sur la chaîne publique ARD.

M. Ross et Mme Malmström avaient indiqué mercredi dans un communiqué commun qu'ils allaient "lancer immédiatement un processus de discussions avec le président et l'administration Trump sur les dossiers commerciaux", dont l'acier et l'aluminium, afin de "trouver une solution mutuellement acceptable aussi rapidement que possible".

"Nous ne relançons pas le TTIP", l'accord de libre-échange négocié pendant plusieurs années par l'UE et les Etats-Unis, mais au point mort depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, a cependant précisé la commissaire européenne jeudi.

Le ministère du Commerce américain a ouvert lundi un processus d'exemption qui peut permettre à des entreprises basées aux Etats-Unis de ne pas pâtir de ces taxes.

Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, a également précisé que les pays et entreprises qui avaient engagé des négociations avec les autorités américaines pour en être exemptés bénéficieraient d'un sursis supplémentaire.

L'UE a déjà préparé une liste de produits américains emblématiques, comme le beurre de cacahuète ou les motos, qui pourraient à leur tour être visés par des taxes si celles envisagées par les Etats-Unis entraient en application.

Sur un autre front, Donald Trump doit annoncer jeudi "les mesures qu'il a décidé de prendre (...) sur la façon dont la Chine (...) dérobe les technologies américaines et la propriété intellectuelle", selon Raj Shah, porte-parole de la Maison Blanche.

Avant même l'annonce américaine, le Premier ministre chinois Li Keqiang a exhorté Washington à "raison garder" et à ne pas agir "sous le coup de l'émotion".

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