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Un an après le drame de la rue d'Aubagne à Marseille : drapeaux en berne et habitants en colère

Un an après le drame de la rue d'Aubagne à Marseille : drapeaux en berne et habitants en colère
Rassemblement rue d'Aubagne à Marseille le 4 novembre 2019 en hommage aux personnes mortes dans l'effondrement de deux immeubles un an plus tôtGERARD JULIEN

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Les drapeaux seront mis en berne et une minute de silence sera respectée mardi à l'hôtel de ville de Marseille, pour le premier anniversaire du drame de la rue d'Aubagne, a annoncé lundi le maire LR Jean-Claude Gaudin.

Affirmant "porter le deuil de cette tragédie, malgré les invectives et les injures publiques", celui qui dirige la ville depuis 24 ans ne sera cependant pas présent sur les lieux du drame mardi au coeur du quartier populaire de Noailles, à quelques encablures du Vieux Port: "Je ne crois pas que ma présence soit souhaitée", a-t-il déclaré lundi matin lors d'une conférence de presse à l'hôtel de ville, assurant chercher "l'apaisement".

A 09H05 mardi, à l'heure de l'effondrement des deux immeubles des 63 et 65 de la rue d'Aubagne le 5 novembre 2018, huit minutes de silence devraient être observées sur place, à l'initiative des associations de quartiers et collectifs citoyens mobilisés depuis ce drame qui avait fait huit morts.

Le maire et les élus municipaux observeront, eux, une minute de silence à l'hôtel de ville.

Déjà en berne lundi, les drapeaux le resteront toute la journée mardi, sur la façade de l'hôtel de ville, a aussi précisé M. Gaudin. Par ailleurs, "une plaque commémorative sera dévoilée (mardi), et implantée plus tard sur les lieux du drame", a ajouté le maire.

Estimant que "la crise de la rue d'Aubagne est résorbée", M. Gaudin a insisté sur le fait que l'habitat indigne concernait entre 400.000 et 800.000 logements en France: "Bref, que l'arbre marseillais ne cache pas la forêt nationale!".

Concernant l'habitat insalubre, "le maire n'a pas de baguette magique", a-t-il plaidé, déplorant "les complexités législatives" et appelant l'Etat à "traduire dans la réalité ses engagements". Sur 240 millions d'euros promis après la catastrophe, l'Etat en aura engagé 17 d'ici la fin de l'année, l'ensemble de la somme devant être versé sur 10 ans, selon une source au ministère du Logement. La ville a de son côté engagé 14 millions d'euros, selon M. Gaudin.

Selon l'élu, 90% des personnes qui avaient été délogées par précaution à travers la ville après la catastrophe, soit 3.200 au total, ont aujourd'hui été relogées.

Les annonces du maire sont loin d'avoir convaincu les membres du Collectif du 5 novembre, un des collectifs citoyens nés dans le sillage du drame. Si Jean-Claude Gaudin ne vient pas dans le quartier mardi, "c'est qu'il n'a pas la conscience tranquille", a asséné lundi après-midi Badra Delhoum, lors d'une conférence de presse.

Pour Zania Serra, la plaque commémorative qu'entend installer la municipalité n'est pas suffisante non plus: le collectif milite notamment pour baptiser "Place du 5 novembre 2018" une petite place située à quelques mètres des immeubles effondrés.

"Seulement 68 ménages ont été relogés définitivement, 1.300 personnes ne le sont que de façon précaire, et près de 400 sont encore à l'hôtel", a aussi déploré Mme Serra. Quant au logement insalubre, il est loin d'avoir disparu dans la ville, a accusé Emmanuel Patris, du collectif Un Centre Ville pour Tous: "A Marseille, il y a encore 40.000 logements indignes et 100.000 sont dans des taudis".

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