Vélib' : la mairie de Paris laisse planer le doute sur la poursuite du contrat

Vélib' : la mairie de Paris laisse planer le doute sur la poursuite du contrat
Des Velib au Trocadero à Paris le 25 février 2018Ludovic MARIN

La mairie de Paris a laissé planer le doute jeudi sur la poursuite du contrat Vélib' avec Smovengo, donnant "jusqu'à septembre" à l'opérateur du dispositif de vélos Vélib pour régler la crise actuelle.

"Nous préférons nous projeter vers un service qui fonctionne mais si les dysfonctionnements devaient perdurer au-delà de septembre, nous devrons en tirer les conséquences", a affirmé devant la presse, sans plus de précisions, Christophe Najdovski, adjoint EELV aux Transports de la maire PS de Paris Anne Hidalgo.

Smovengo "s'est totalement réorganisé ces dernières semaines", a noté l'élu en évoquant la nomination d'Arnaud Marion, spécialiste des entreprises en crise, au poste de président exécutif du consortium.

Des "tests ont été effectués pour corriger des défaillances", a poursuivi M. Najdovski, "on nous dit que ces changements vont porter leurs fruits, que la situation va s'améliorer progressivement en juillet et en août, qu'elle sera satisfaisante en septembre. Et donc nous leur donnons jusqu'à septembre pour régler l'ensemble des dysfonctionnements constatés", a-t-il dit.

Le consortium, qui prend la suite de JCDecaux depuis le 1er janvier, a dû mettre sur pied en mai un plan pour sortir de la crise dans laquelle se trouve ce service public, très en retard de déploiement. Il devait rencontrer les élus dans l'après-midi, pour un point mensuel.

"Si Smovengo n'est pas capable de délivrer un service digne de ce nom et de la réputation de Vélib', le syndicat mixte des élus (gestionnaire du service) devra en tirer les conséquences", a insisté Jean-Louis Missika, adjoint à l'urbanisme, estimant néanmoins que le plan de crise présenté "a une certaine crédibilité".

Devant la presse, des élus de plusieurs groupes d'opposition mais aussi de la majorité ont réclamé ou évoqué une rupture du contrat alors que la question des "mobilités" dans la capitale sera le thème d'un débat au conseil de Paris mardi prochain.

"Nous ne croyons plus à ce contrat", a affirmé Jérôme Dubus (PPCI, pro-Macron ex-LR) alors qu'Eric Azière, président du groupe UDI-MoDem, a dénoncé Smovengo "qui nous raconte des craques depuis le début".

Danielle Simonnet (LFI) a réclamé une municipalisation du service.

Pour le groupe écologiste fervent promoteur du vélo, "il faut évaluer toutes les alternatives".

Pour le président du groupe PCF Nicolas Bonnet-Oulaldj, "je ne vois pas comment Smovengo va pouvoir réaliser son contrat. Il va falloir remettre sur la table la possibilité d'une résiliation", a-t-il dit, en rappelant la question de la trentaine de salariés récemment licenciés.

Ces derniers se sont d'ailleurs rassemblés jeudi sur le parvis de l'Hôtel de Ville, pour réclamer leur réintégration.

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