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Vendanges: moins de vin en 2019, en raison du cocktail gel+canicule

Vendanges: moins de vin en 2019, en raison du cocktail gel+canicule
Un ouvrier travaillant pour le domaine Lafage déverse des grappes de Muscat d'Alexandrie dans une benne au cours des vendanges à Rivesaltes le 7 août 2019RAYMOND ROIG

La vigne a peu apprécié le cocktail météo mixant gel printanier et canicule estivale: la production française de vin devrait baisser de 12% cette année, et de 4% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Selon une prévision vendredi du service statistique du ministère de l'agriculture, Agreste, la production de vin devrait atteindre au total 43,4 millions d'hectolitres cette année, contre 49,37 millions en 2018.

Elle serait ainsi l'une des plus basses des cinq dernières années, mais supérieure quand même à la récolte historiquement réduite de 2017.

Seule une région devrait voir sa production augmenter en volume: le sud-est de la France.

Dans le détail, la production de vins AOP (Appellation d'origine protégée) devrait baisser de 10% par rapport à 2018 à 20,09 millions d'hectolitres. Celle des vins pour eaux-de-vie devrait reculer de 20% à 7,89 millions d'hectolitres.

Les vins en Indication géographique protégée (IGP) devraient voir leur production baisser de 5% à 12 millions d'hectolitres, et les vins sans indications géographiques devraient chuter de 25% à 3,35 millions, selon les prévisions du ministère.

- "Coulures" et "millerandage" -

Au printemps, la floraison de nombreux vignobles s'est déroulée dans des "conditions climatiques défavorables" entraînant de la "coulure" (chute des fleurs ou des jeunes baies) et parfois du "millerandage" (baies de petite taille). Les bassins de la façade Ouest du pays sont les plus touchés.

En été, les épisodes caniculaires ont brûlé des grappes, surtout dans le Gard, l'Hérault et le Var, ce qui a occasionné des pertes de production.

Dans certains vignobles, des pluies début août ont permis de limiter les conséquences de ces fortes chaleurs. Mais mi-août, un orage de grêle a causé des dégâts dans le Beaujolais.

En Champagne, la production devrait baisser, mais par rapport à une année exceptionnelle en 2018. Les bonnes températures ont néanmoins permis de rattraper presque totalement le retard de végétation dû à la canicule de juillet.

En Bourgogne-Beaujolais, la production est prévue en "nette baisse par rapport à la moyenne quinquennale". Le gel a touché la région de Mâcon au printemps. Sur la côte Chalonnaise, la grêle a occasionné des pertes début juillet. La floraison s'est déroulée dans des conditions froides défavorables. La Saône-et-Loire est le département le plus touché, avec des grappes de petites tailles.

En Beaujolais, les orages de grêle de la nuit du 18 au 19 août ont occasionné des pertes dans le secteur du Rhône, indique le ministère.

En Alsace, canicule et manque d'eau ont freiné l'avancement végétatif des vignes. Le vignoble est affecté par l'oïdium dans certaines parcelles et des risques de mildiou sont aussi rapportés.

En Savoie, malgré le déficit hydrique, la vigne a résisté. Dans le Jura, le gel a causé des "pertes élevées".

Dans le Val-de-Loire, les pluies d'été ont permis de redresser la production, affectée par les gels d'avril et mai.

Dans les Charentes, les fortes chaleurs de début juillet ont permis de combler le retard de la floraison.

Dans le Bordelais, une partie du vignoble a été frappée par le gel au printemps, et des coulures ont été observées en juin. Les effets de la canicule ont été limités par les pluies de fin juillet. Dans le reste du sud-ouest, les différents épisodes climatiques (gel, grêle, canicule) ont aussi pénalisé le potentiel de production des vignobles.

En Languedoc et Roussillon, la canicule a occasionné des "grillures" sur grappes avec des pertes de production, surtout dans le Gard et l'Hérault. Le gel a touché de façon localisée l'Aude, l'Hérault, et de manière plus étendue, la plaine gardoise. De violents incendies début août dans le Gard ont pénalisé la production.

Dans le sud-est, l'état sanitaire des vignobles a été favorisé par les fortes températures et la faible pluviométrie, mais ces conditions ont aussi ralenti le développement végétatif de la vigne.

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