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Vers un péage au centre de Manhattan pour financer le métro

Vers un péage au centre de Manhattan pour financer le métro
Image d'illustration du métro new-yorkais, l'un des plus chargé du mondeDon EMMERT
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Ils ne cessaient de se disputer sur la gestion du métro: mardi, le maire et le gouverneur de New York ont annoncé un plan commun pour financer sa modernisation, incluant un péage pour circuler au centre de Manhattan, comme à Londres.

La proposition doit encore être validée par le parlement de l'Etat de New York, mais c'est la première à être soutenue par les deux responsables démocrates, le maire de la ville, Bill de Blasio, et le gouverneur de l'Etat, Andrew Cuomo.

Retards, saturation, accidents, saleté et mécontentement croissant des usagers: les défaillances du "subway", le plus grand des Etats-Unis et l'un des plus chargés au monde avec près de six millions de passagers par jour, empoisonnaient les deux édiles récemment réélus.

Jusqu'ici, le maire de la capitale financière américaine préconisait une "taxe sur les millionnaires" pour moderniser le métro et blâmait régulièrement M. Cuomo, officiellement superviseur de l'agence des transports en commun new-yorkais, la MTA, pour les défauts du système.

Mais, soulignant que "la crise est plus profonde que jamais", il a reconnu mardi dans un communiqué qu'un péage anti-congestion avait, "parmi toutes les options, les meilleures chances de succès".

Un premier plan d'urgence avait été adopté par le seul gouverneur en 2017, prévoyant un milliard de dollars pour améliorer notamment un système de signalisation dépassé.

Cette fois, les propositions sont structurelles.

L'élément-phare est la taxe sur la circulation au centre de Manhattan - tout le trafic hors véhicules d'urgence au-dessous de la 61e rue, à l'exception de la voie rapide à l'est de l'île - sur un modèle apparemment similaire au péage instauré pour entrer dans le centre de Londres depuis 2003, mais aussi dans d'autres grandes villes comme Singapour, Stockholm ou Milan.

Le montant de cette taxe destinée à financer prioritairement le métro reste à préciser, mais elle devrait rapporter plus d'un milliard de dollars par an, selon l'organisation écologiste Environmental Defense Fund.

Cette dernière a applaudi l'initiative, estimant qu'elle "aiderait la ville à atteindre ses objectifs ambitieux" de réduction de 80% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050.

La taxe devrait entrer en vigueur "lorsque les systèmes de péage électroniques seront installés", "au plus tard en décembre 2020", selon les deux élus.

Leur plan en 10 points prévoit aussi de reconfigurer l'entrée des stations pour éviter la fraude, aujourd'hui très facile, tout en évitant de la "criminaliser".

Preuve que la MTA est un mastodonte difficile à réformer: le plan prévoit aussi un audit indépendant de l'agence, qui devra être terminé d'ici janvier 2020.

Tous ces plans de rénovation devront être visés par un groupe d'experts indépendants, chapeauté par des ingénieurs des universités new-yorkaises de Cornell et Columbia.

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