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La Fed laisse les taux inchangés mais suggère une hausse prochaine

La Fed laisse les taux inchangés mais suggère une hausse prochaine
La banque centrale américaine (Fed) a laissé les taux d'intérêt inchangés le 01 août 2018 mais a insisté sur la "forte" croissance de l'activité de l'économie américaineBrendan Smialowski

La banque centrale américaine (Fed) a laissé les taux d'intérêt inchangés mercredi mais insisté sur la "forte" croissance de l'activité de l'économie américaine, signalant la probabilité d'une prochaine hausse du coût du crédit.

Les taux d'intérêt au jour le jour ont été maintenus dans la fourchette de 1,75% à 2%, comme s'y attendaient les analystes.

Dans son communiqué, le Comité monétaire (FOMC) juge toutefois que l'activité économique "a progressé à un rythme fort". La Réserve fédérale note aussi que les dépenses de consommation, locomotive de la croissance, ont "augmenté fortement".

Ces deux changements sémantiques par rapport à son communiqué du mois de juin, qui dressait déjà un tableau optimiste de la conjoncture de la première économie mondiale, devraient être interprétés par les marchés comme le signal probable d'un relèvement des taux lors de la prochaine réunion monétaire du 26 septembre.

Les acteurs financiers s'attendent en effet déjà à 90% à un relèvement des taux d'intérêt en septembre pour éviter la surchauffe, si l'on en croit les instruments financiers à termes mesurés par CME-Group.

Depuis le mois de juin, la banque centrale a averti qu'elle entendait procéder à deux hausses supplémentaires d'un quart de point de pourcentage d'ici la fin de l'année. Cela porterait le taux au jour le jour de l'argent que les banques se prêtent entre elles à près de 2,5% d'ici fin 2018.

Mercredi la Fed a répété qu'elle s'attend à ce que "de futures hausses progressives" des taux "iront de pair avec une expansion soutenue de l'activité économique".

La banque centrale ne dit en revanche pas un mot dans son communiqué sur les risques que peuvent faire courir pour l'économie les incertitudes autour du conflit commercial et juge toujours que ceux-ci sont "à l'équilibre".

L'expansion de l'économie américaine a atteint pour la première fois depuis quatre ans la cadence de 4,1% en rythme annuel au 2e trimestre, dopée notamment par l'impact des réductions d'impôts adoptées par l'administration Trump.

"La Fed reconnaît que la croissance a accéléré au 2e trimestre, utilisant le mot +fort+ plutôt que +solide+, ce qui avait été le cas en juin mais elle ne dit pas si cette croissance est soutenable", a commenté Ian Shepherdson pour Pantheon Macroeconomics. "Nous ne voyons pas pourquoi nous changerions notre opinion qui est que la Fed va relever les taux en septembre comme en décembre", a-t-il ajouté.

- Marché de l'emploi dynamique -

Le taux de chômage qui est resté "bas" à 4%, pourrait encore reculer dès vendredi à 3,9%, selon les analystes, quand le gouvernement publiera les chiffres officiels de l'emploi pour juillet qui promettent d'être bons. Pour le secteur privé seul, ils ont été très vigoureux avec 219.000 nouvelles embauches en juillet, un sommet en six mois, selon l'enquête ADP publiée mercredi.

La Fed se félicite aussi du fait que l'inflation soit restée "autour de 2%", la cible qu'elle estime favorable pour l'économie. L'indice PCE de la hausse des prix s'est en effet établi à 2,2% en juin comme en mai.

La banque centrale dont la prochaine réunion monétaire, assortie d'une conférence de presse se tiendra les 25 et 26 septembre, indique que la politique monétaire reste "accommodante, soutenant les conditions dynamiques du marché du travail et le retour durable d'une inflation à 2%".

La Fed surveille de près l'économie pour éviter une surchauffe et une résurgence de l'inflation. En même temps sa tâche est compliquée par les tensions commerciales qui, si elles persistent, pourraient ralentir l'économie.

Cette trajectoire des taux à la hausse ne plaît pas à la Maison blanche car elle renforce le dollar, rendant les produits américains moins compétitifs, ce qui contrecarre les objectifs de réduction du déficit commercial de Donald Trump.

Rompant avec la tradition de respect de l'indépendance de la Réserve fédérale, le président américain ne s'est pas gêné pour dire récemment qu'il n'était "pas content" de la hausse des taux.

Si ses commentaires n'ont guère porté à conséquence --car il a ajouté bien vouloir "les laisser faire ce qu'ils estiment être le mieux"-- la perspective d'un relèvement des taux en septembre, à l'approche des élections législatives de mi-mandat de novembre, risque d'être plus délicate. Le locataire de la Maison Blanche pourrait se livrer à "des tweets véhéments", a craint Alan Blinder, un ancien vice-président de la Fed.

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