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1.428 dauphins massacrés aux Iles Féroé : "Une tuerie organisée avec pour seul motif : la tradition !"

1.428 dauphins massacrés aux Iles Féroé :
(c) Facebook - Sea Shepherd France
 
 

Aux Iles Féroé (Danemark), le “Gingadrap”, c'est à dire le rabattage et le massacre de familles entières de dauphins-pilotes, est une tradition vieille de plusieurs centaines d’années. Mais, la colère gronde et des voix s’élèvent depuis plusieurs années concernant ces tueries organisées.

A l’aide de notre bouton orange Alertez-Nous, l’un de nos lecteurs a souhaité nous avertir de ce qu’il s’est passé il y a quelques jours sur les côtes danoises. “Sur Facebook, j’ai vu un post qui parlait d’un massacre de plus de 1.400 dauphins, c’est tout simplement horrible.”

Les scènes et les images de cet évènement sont horribles, elles aussi. On peut y voir des centaines de cétacés, morts dans une gigantesque mare de sang. Mais alors, pourquoi ce massacre ?


                                                       (c) Sea Shepherd

Le “Gingadrap”, une tradition barbare historique

Pour tenter de comprendre ce massacre, il faut retourner en arrière. Le “Gingadrap” existe depuis le XVIe siècle, même s'il date probablement du IXe siècle. Cette chasse aurait été importée des Vikings qui la pratiquaient dès le Ve siècle.

Les Féringiens sont le dernier peuple du Nord à s'adonner à ce type de pêche à la baleine, alors que cette pratique était autrefois extrêmement répandue en Atlantique-Nord et même au-delà. Les Iles Féroé étant sous la tutelle du Danemark, c’est avec son accord que ces chasses se perpétuent encore.

Autrefois nécessaire pour nourrir la population féringienne, cette chasse n’a plus aucun intérêt aujourd’hui. “Avant la viande de dauphin était largement consommée dans cette région. Aujourd’hui, plus du tout ! Des études scientifiques ont même démontré qu’elle était très nocive pour les humains puisqu’elle contient du mercure et d’autres métaux lourds”, explique Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, une ONG de conservation de la faune et flore marines. Elle se bat notamment contre ces massacres depuis 1984. Et pourtant, quelques personnes en mangent encore. Mais pour une chasse aussi énorme, la plupart des cadavres finissent à la poubelle. “Le seul argument utilisé est celui de la tradition. Mais cet argument ne peut être utilisé lorsqu’il s’agit de tueries”.

1.428 dauphins massacrés dimanche dernier

Ce dimanche, un massacre inédit a été perpétué avec le rabattage de 1.428 dauphins qui ont tous été tués, parfois dans des conditions immondes. C’est à ce jour le plus gros massacre connu de dauphins dans les Iles Féroé. Et pourtant, le responsable local en charge d’autoriser ou non les chasses n’a pas été informé. C’est donc sans son accord qu’un autre responsable, pourtant non habilité à le permettre, a donné l’autorisation d’encercler puis de faire parcourir plus de 40 kilomètres à ce groupe de 1.428 dauphins pour les rabattre sur une plage et les tuer sans en épargner un seul. La tuerie, en plus d’être choquante, était donc aussi illégale.

Les conditions de cette tuerie étaient effroyables, certains dauphins ont été broyés sous les hélices des bateaux, les autres achevés à coups de couteau dans des mares de sang”, détaille la présidente de Sea Shepherd France.

“Le Danemark ne respecte pas les conventions qu’il a signé !”

“Le Danemark laisse faire ses massacres uniquement pour des raisons politiques !” s’indigne-t-elle. “Il y a actuellement un fort mouvement indépendantiste aux Iles Féroé et pour essayer de calmer le jeu avec eux, le gouvernement Danois ferme les yeux sur ces tueries qui leurs sont chères. Le Danemark a pourtant signé toutes les conventions de protection des mammifères marins !

Sea Shepherd a déjà tenté d’intervenir sur le terrain. Entre 2014 et 2015, l’association s’est rendue sur place et a fait sortir de nombreux dauphins de ces dangereuses côtes. Cependant, la réaction danoise ne s’est pas fait attendre : “Les militaires marins Danois nous ont repoussé des côtes, et nos bateaux sont désormais interdits sur le territoire du Danemark. Nous ne sommes qu’une ONG, impossible de se battre face à l’armée”, explique Lamya. 

L’association espère que cette tuerie hors du commun aura au moins le mérite de faire réagir les autorités européennes. “On a déjà organisé des actions, comme déposer un cadavre de dauphin devant l’ambassade du Danemark, mais pour l’instant, il ne se passe rien.”

Hugo Clément, le célèbre journaliste engagé, a publié un message sur Facebook à ce sujet. Un premier pas pour toucher plus de monde sur ces effroyables évènements.



 




 

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